Théâtre d'affrontements permanents

Le règlement de la crise de Suez en 1957 n'a, en aucun cas, réussi à pacifier le Moyen-Orient : la région est en effet devenue le théâtre d'affrontements permanents.
Les tensions vont se cristalliser au cours de l'année 1967, lorsque l'Egypte décide de pénétrer dans le désert du Sinaï et d'exiger le retrait des casques bleus de la région, en dépit des arrangements pris lors du règlement de la crise de Suez (prévoyant la démilitarisation du désert égyptien et l'instauration des casques bleus).

Casus belli

La raison ? Le Caire s'inquiète du développement économique et militaire d'Israël (son armée, Tsahal, devient la plus puissante de la région) et souhaite ainsi « isoler l'Etat hébreux et l'épuiser moralement et économiquement. [Et] liquider, si possible sans guerre, les seuls acquis israéliens de la campagne d'octobre 1956 », selon Elie Barnavi, professeur émérite de l'Université de Tel Aviv (« L'Histoire », juin 2007).
L'Egypte signe alors une alliance militaire avec la Jordanie à laquelle va bientôt se joindre l'Irak.
Le 23 mai, l'Égypte bloque l'accès du détroit de Tiran sur la mer Rouge aux navires israéliens, route du sud essentielle à l'approvisionnement des israéliens en pétrole. Israël considère cette attaque comme un « casus belli ».

Une victoire sans commune mesure

Tsahal passe à l'offensive le 5 juin 1967 au matin. En quelques heures, l'aviation détruit les forces aériennes égyptiennes restées au sol. L'armée israélienne, menée par le général Moshe Dayan, procède ensuite à une attaque terrestre : plus de 1 000 blindés sont alors déployés. En quelques jours, elle vainc les forces ennemies et s'empare de nombreux territoires.

« Territoires occupés »

Le 10 juin, le conseil de sécurité de l'Onu exige le cessez-le-feu. Cette guerre éclair se conclut par une victoire militaire d'Israël qui a conquis le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, et le plateau du Golan. Les conséquences géopolitiques de la Guerre des six jours sont encore largement visibles de nos jours puisque ces « territoires occupés » - comme ils sont toujours désignés - sont l'objet des affrontements actuels entre Israéliens et Palestiniens.

Une résolution ambiguë

Le 22 novembre 1967, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la Résolution 242, qui réclame l'évacuation de ces territoires par Israël. Cette résolution n'a pas été suivie d'effet et reste encore invoquée aujourd'hui, est d'une grande ambiguïté puisqu'il existe une différence entre les traductions anglaise et française du texte (tous deux officielles), qui parlent de retrait « des » territoires occupés en français et « from territories occupied » en anglais, ce que certains ont pu traduire par « de territoires ».

Rédaction Ina le 03/06/2007 à 00:00. Dernière mise à jour le 10/04/2015 à 18:05.
Proche et Moyen Orient