18,6 millions de victimes... C'est le triste bilan humain de la Première Guerre mondiale. De ces quatre années de combats et de souffrances, il ne reste désormais plus de témoins, puisque le dernier poilu, Lazare Poncelli nous a quittés en 2008. Mais leurs voix ne se sont pas éteintes, elles subsistent grâce aux archives audiovisuelles.

En 1968, deux anciens combattants de la Première Guerre mondiale, le peintre Louis-Edouard Garrido et le père Herman, ainsi que la maman de Louis-Edouard Garrido, racontent leurs souvenirs de l'armistice et de la guerre. "On faisait très attention, on serrait les fesses... nous nous sommes souvenus de ceux que l'on laissait à l'arrière alors ça, ça a été terrible pour nous." Ils appartenaient au 46e régiment d'infanterie et ont été à Verdun.

"Des obus passaient en miaulant et allaient s'écraser sur les batteries où les crapouillots faisant voler des paquets de terre."

Ancien meunier, André Miette entre comme employé à la Compagnie du chemin de fer du Nord en 1919. En 1921, il accède au poste d'aiguilleur. C'est alors qu'il commence à rédiger son journal, pour éviter de s'endormir pendant son service de nuit.  La lecture des mémoires de ce conscrit de la classe 17 alterne avec les commentaires de l'historien Michel Winock. Extraits choisis (audio) :

"Toutes les vieilles haines d'un seul coup se sont réveillées contre l'Allemagne".

"L'hiver, le vin était souvent gelé. Il fallait enfoncer le bout de la baïonnette par le goulot pour pouvoir le boire".

"Tous ceux qui ont vécu dans les tranchées, ne peuvent parler sans horreur des plus redoutables ennemis du fantassin : l'eau et la boue."

"… Les carcasses de chevaux sur qui nos ennemis avaient taillés de larges morceaux de viandes. Nulle part on ne rencontrait quoique ce fut à manger. Les arbres fruitiers étaient complètement dépouillés".

Journal de guerre du soldat André Miette

 

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La poésie de Guillaume Apollinaire, un remède aux atrocités de la guerre. "J'aimerais que tu sois un obus boche pour me tuer d'un soudain amour".  

Septembre 1915, un soldat écrit à sa mère. Il raconte les gaz asphyxiants, leur couleur, leur odeur, et lui demande de lui envoyer des lunettes pour se protéger les yeux.

"Je ne suis pas plus coupable que les autres, mais il faut un exemple".

Accusé d'abandon de poste en présence de l'ennemi, Henri Floch est fusillé en décembre 1914.

Lettre du caporal Henri Floch

 "Une odeur de charnier nous prend à la gorge".

En septembre 1914, René Jacob décrit l'horreur de la bataille de la Marne, le champ de bataille jonché de cadavres d'hommes et de chevaux, l'odeur de la mort.

Lettre de René Jacob

En juin 1916, un jeune soldat allemand écrit à sa soeur. Il lui explique pourquoi il tarde à s'engager avec sa fiancée. Donner sa parole alors qu'il est au front lui semble impossible. Il mourra deux jours plus tard.

Lettre de Willi Lutz

Jean-Claude Bernard, Joseph Frantz et Louis Gaubert, pionniers de l'aviation, évoquent leurs souvenirs de la Première Guerre mondiale. Avant l'invention des anémomètres, les aviateurs évaluaient la vitesse et la direction du vent en crachant.

Les pionniers de l'aviation

Reportage. Visite des cavernes du Chemin des Dames décorées par les poilus de la Grande Guerre. Inscriptions, graffitis et bas-reliefs permettent aux historiens de reconstituer la vie quotidienne des soldats; tout comme les planches qui servaient de lit, les cantines, le matériel réglementaire, les assiettes. Tous ces objets retrouvés témoignent du petit confort que les poilus pouvaient s'octroyer.

Le Chemin des Dames

"La force de la jeunesse, c'est qu'elle espère, c'est qu'elle ne croit pas à la mort".

Roland Dorgelès évoque un Noël dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. Les soldats allemands et français avaient fraternisé le temps du réveillon.

Guerre 14-18 : paroles de poilus

Pour aller plus loin

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Documentaire. Des témoins de la Guerre 14-18 racontent leur quotidien dans le nord de la France occupée, les valeurs morales de leur génération. Ils dénoncent l'horreur de la Première Guerre mondiale et le rôle mensonger de la presse. Leurs témoignages alternent avec des images de cérémonies de commémoration.

"Il a été tué… je ne sais plus… à Verdun je crois. Ils l'ont reconnu par les chaussettes."

"Le corps humain brûlé, déchiqueté…en morceaux avec le sang mélangé aux débris de vêtements et aux matières fécales… ce spectacle horrible de mort atroce est fréquent."

Ceux qui se souviennent

Témoignages d'anciens combattants d'Outre-Mer et d'Afrique du Nord.

Rédaction Ina le 07/11/2017 à 12:26. Dernière mise à jour le 30/10/2018 à 15:40.
Histoire et conflits