De mystérieux paquets de cocaïne s'échouent sur le littoral atlantique depuis plusieurs semaines. Ce problème n'est pas nouveau. Depuis le début des années 90, des centaines de kilos de cocaïne ont été retrouvés sur les plages de la côte Atlantique.

Il n'y a pas que l'écume des vagues qui vient s'échouer sur les plages de la côte Atlantique. Depuis le 18 octobre dernier, de nombreux paquets contenant de la cocaïne terminent leur voyage sur les plages vendéennes, landaises ou girondines. Mais le fléau n'est pas nouveau.

En 1995, c'était la plage de la Tremblade en Charente-Maritime qui était victime du trafic de drogue. Le 24 janvier 1995, un premier paquet de 24 kilos y était retrouvé. A l'intérieur, plusieurs sachets de poudre blanche, de la cocaïne pure à 95%, d’après l’analyse de l’Institut de recherche de la gendarmerie de Rosny-sous-bois. Le lendemain, 27 kilos de drogue viennent s'échouer sur la plage de Montalivet, une commune située en Gironde. Le journal de France 3 Bordeaux y consacrait un reportage. Le capitaine Petit, commandant de la compagnie de la gendarmerie de Lesparre prenait le problème très au sérieux : "Ce matin il y a eu d'autres recherches qui ont été effectuées. Elles se sont arrêtées en raison de la marée et de l'état de la mer. [...] On va essayer de voir si il y a d'autres colis qui se sont échoués sur le littoral médocain." Selon la journaliste, la drogue viendrait d'Amérique du Sud.

En 2001, même constat sur les plages landaises et des Pyrénées-Atlantiques. Des dizaines de kilos de cocaïne s'y échouent. Au total, ce sont près de 150 kilomètres de côtes qui sont surveillés par la gendarmerie. Interviewé dans le journal du 20H de France 2 du 8 mai 2001, Serge Mackowiak, procureur de Dax, n'écartait aucune hypothèse à l'époque : "Un bateau a dû être contrôlé par les autorités et des trafiquants ont jeté à la mer cette cargaison. On pense que c'est l'hypothèse la plus vraisemblable mais nous sommes au début de l'enquête". Cette prise par les autorités ne semblait en tout cas pas surprendre les pêcheurs : "On trouve de tout comme des moutons alors pourquoi pas de la drogue ?"

Trois ans plus tard, en 2004, même les côtes espagnoles sont touchées. Depuis le début de l'année, des ballots de cocaïne sont retrouvés du cap Finistère en Galice espagnole jusqu'aux sables d'Olonne en Vendée. Au total, c'est près d'une tonne et demi de cocaïne pure à 95% et extrêmement nocive qui a été saisie par la gendarmerie. Le marché local s'est retrouvé ainsi densifié. "Personnellement j'en ai pas trouvé mais mon ami a trouvé 1.2 kilo en tout. Le soir, il m'a montré et j'ai goûté. Le lendemain, j'ai fait un début d'infarctus. Au début, je voyais pas ça comme une drogue mais comme de l'argent et je suis tombé dedans." racontait un consommateur. "Je connais beaucoup de gens de Bayonne qui en ont des stocks chez eux et qui en vendent." rajoutait un autre. Conséquence, le centre d'accueil pour toxicomanes de Dax a vu défiler des consommateurs de plus en plus jeunes, parfois des mineurs. Une situation alarmante selon Jean-Yves Demaria, éducateur : "Ils sont passés du cannabis à la cocaïne et ce n'est pas la même chose. Certains ont atterri aux urgences pour des problèmes de tachycardie et d'autres pour des délires paranoïdes."

En 2019, le fléau persiste. Selon le parquet de Rennes, 736 kilos ont été saisis.

Jérémie Gapin

Rédaction Ina le 12/11/2019 à 13:52. Dernière mise à jour le 13/11/2019 à 09:43.
Economie et société