Il ne parait qu'une fois tous les 4 ans, soit le 29 février. Depuis sa première édition en 1980, le journal humoristique "La bougie du sapeur" développe sur une vingtaine de pages l'actualité des quatre années écoulées.

Ironiquement, il se définit comme un quotidien. Pourtant, il ne parait qu'une fois tous les 4 ans, c'est à dire chaque année bissextile, le 29 février. Depuis 1980, "La Bougie du Sapeur" est devenu un journal à part entière dans le monde de la presse écrite. Sa ligne éditoriale, l'actualité mais aussi et surtout beaucoup d'humour.

Son nom, il le doit en référence à un personnage de bande dessinée créé à la fin du 19ème siècle, le Sapeur Camember, dont l'anniversaire tombait un 29 février. En 1988, à l'occasion du 3ème numéro, France 3 Paris consacrait un reportage au journal. Au moment de lancer le sujet, le journaliste annonce clairement la couleur en présentant les trois journalistes fondateurs comme "la rédaction la moins stressée de France." Tour à tour, Jacques Dubuisson, fondateur et directeur de la rédaction, le rédacteur en chef ainsi que Christian Bailly, le directeur de la publication, répondent avec humour aux questions du journaliste Jean d'Artigues.

Jacques Dubuisson, directeur de la publication commence par présenter le journal : "Nous sommes un journal d'humour alors vous croyez que pendant 4 ans, on a beaucoup d'occasions de rigoler ? Pas tellement, et d'autre part on parle principalement de ce qui s'est passé le 29 février." Le rédacteur en chef manie quant à lui l'ironie avec efficacité : "Les gens se trompent, s'imaginent qu'on à le temps. Ils disent oui bien sûr, je vais vous écrire 5 lignes et ils ne se rendent pas compte que 5 lignes, c'est très difficile à faire. Deuxièmement, on croit pouvoir les faire en un mois et on a pas le temps." A la rédaction de "La Bougie du Sapeur", on prend donc son temps. Tout comme les lecteurs si ils veulent porter réclamation selon Christian Bailly, directeur de la publication : "Si il y avait une bêtise d'écrite, il y a quand même le droit de réponse et 4 ans après on peut répondre au journal." A l'époque, une trentaine de pigistes collabore à la rédaction du journal, tiré à plus de 500 000 exemplaires.

"Il n'y a rien de sérieux. Il y a 365 jours dans l'année. Si il y en a un qui doit être consacré à la rigolade, profitons-en, c'est celui là."

                                                                                     Jean d'Indy, rédacteur en chef

Aujourd'hui, c'est le vicomte Jean d'Indy qui est à la tête de la rédaction et de la publication du journal. En 2008, il était invité sur le plateau de France 3 Paris pour parler du 8ème numéro. Comme son prédécesseur Jacques Dubuisson, Jean d'Indy répondait avec humour et bienveillance aux questions de la journaliste Myriam N'Guenor : "L'actualité est pleine de choses marrantes. Il y a des informations qui sont amusantes et on les publie à l'état brut ou il y a des tas de choses qui sont plus sérieuses mais qui peuvent prêter à sourire. C'est un peu ce qui fait le contenu de nos vingt pages." Avant de rajouter : "Dans cette édition de 2008, on retrouve un petit peu toutes les rubriques que l'on retrouve dans un journal classique. Des rubriques économiques, politiques. Il y a aussi un feuilleton en fin de journal, des mots croisés mais aussi quelques scoops. Par exemple, vous avez entendu que le Président de la république (Nicolas Sarkozy) veut que l'on évalue les ministres, que l'on mette des annotations comme à l'école. Nous publions en avant première ce que nous pensons être les prochaines évaluations des ministres." Puis de conclure : "L’intérêt, c'est que les gens aient envie de rigoler, se lâchent. Il y a des journalistes très sérieux et qui travaillent dans des journaux comme "Investir", "Le journal des finances", comme "Elle". Et ce jour là, ils ne travaillent pas, ils s'amusent avec nous."

En 2020, pour sa onzième édition, "La Bougie du Sapeur" est tirée à 200 000 exemplaires. Les ventes permettent au journal sans publicité de financer son prochain numéro. Nouveauté cette année, des jeunes d'une vingtaine d'années ont intégré la rédaction.

Pour aller plus loin : 

Plateau Jacques Debuisson, Antenne 2, 1984 : Daniel Bilalian interviewe Jacques Debuisson, fondateur et rédacteur en chef de "La Bougie du sapeur".

La Bougie du Sapeur, France 3, 1996 : Le journal fête son 5ème numéro.

La Bougie du Sapeur, France 3, 2012 : Chaque 29 février, c'est une journée marathon pour Jean d'Indy, rédacteur en chef du journal.

Jérémie Gapin

Rédaction Ina le 27/02/2020 à 15:10. Dernière mise à jour le 27/02/2020 à 15:22.
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