« Lorsque l’empereur est parti en 1815, les fondations étaient évidemment achevées, et on en était à la hauteur des piliers. Les voûtes n’étaient même pas commencées ». Monument napoléonien par excellence, érigé à partir de 1806 pour rendre hommage à la Grande armée, l’Arc de triomphe est encore en chantier lorsque l’empereur est exilé à Sainte-Hélène en 1815. C’est en 1836, sous Louis-Philippe, que le monument sera finalement inauguré. Entre-temps, les sculptures réalisées sur le monument auront également mis en avant les victoires de la République…

En fait, l’Arc de Triomphe aurait même pu ne jamais voir le jour. En 1815, la France battue ne sait que faire de ce monument largement inabouti. En 1823, la situation change. La France entre en guerre contre les libéraux espagnols. Le roi Louis XVIII ordonne alors la reprise des travaux de l’Arc de triomphe en commémoration de cette « expédition espagnole ». Un conflit gagné par la France qui laissera un autre héritage de taille à la ville de Paris, avec la place et le palais du Trocadéro, qui prendront le nom d’une victoire française durant cette campagne.

En 1830, Louis Philippe arrive en pouvoir et instaure la « monarchie de Juillet ». Avec son ministre Adolphe Thiers, il décide que les sculptures et décorations de l’Arc seront dédiées finalement aux victoires républicaines et napoléoniennes, abandonnant ainsi la vocation décidée par Louis XVIII d’honorer l’armée conservatrice qui s’était battue en Espagne.

Avec Le départ des Volontaires, communément appelé La Marseillaise, de François Rude, la République est ainsi mise à l’honneur. Le Triomphe de Napoléon, de Jean-Pierre Cortot, honore quant à elle la mémoire de l’empereur. La frise située au sommet de l’Arc se divise en deux sculptures qui glorifient la Nation en armes : Le Départ des Armées et Le Retour des Armées.

Le premier grand événement qui rassemble le peuple français sous les arches du nouveau monument survient le 15 décembre 1840, avec le retour des cendres de Napoléon à Paris, à l'occasion d'une cérémonie fastueuse.

Sous le Second empire, les travaux du baron Haussmann détruisent l’ancienne barrière de l’Etoile. Sont érigés à la place les actuels bâtiments qui décorent l’ensemble, lui conférant son aspect actuel.

Sous la Commune, en 1871, des insurgés tirent depuis la plate-forme du monument au canon sur les troupes versaillaises.

Enfin, c'est au pied du monument, le 24 mai 1885, que se joue l'un des grands moments de la Nation française. Ce jour-là, près de deux millions de Français se recueillent autour de la dépouille du grand Victor Hugo.

L’Arc de triomphe est aussi au cœur de la célébration de la victoire alliée en 1918. Le 14 juillet 1919, c’est le grand défilé de la Victoire ; toutes les nations alliées de la France défilent sous les arches du monument. Quelques jours après, le 7 août 1919, l’aviateur Charles Godefroy réalisait l’exploit de passer avec son avion Nieuport d'une envergure de 9 mètres à travers l’arche, mesurant moins du double – 14 mètres.

Le 11 novembre 1920, la tombe du soldat inconnu est installée au pied de l’Arc. Depuis cette date, les commémorations en souvenir des morts de la Grande guerre et des autres conflits se tiennent solennellement à cet endroit.

Terrible souvenir, c’est sous l’arche de l’Arc de triomphe que défilent également les Nazis en 1940, pour marquer leur revanche sur la nation française et son monument emblématique.

Déshonneur lavé en 1944 avec la Libération de Paris et le célèbre cortège du général de Gaulle du 26 août : le chef de la France libre descend les Champs-Elysées avec notamment, le général Leclerc et Georges Bidault, le Président du conseil national de la Résistance.

Depuis la Libération, l’Arc de Triomphe aura accueilli de nombreux autres grands événements de la vie de la Nation, depuis les défilés militaires du 14 juillet aux liesses populaires de la victoire de l'équipe de France de football aux coupes du monde de 1998 et de 2018.

Rédaction Ina le 03/12/2018 à 15:33. Dernière mise à jour le 05/12/2018 à 15:29.
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