La semaine des barricades

Le 24 janvier 1960, en pleine guerre d'Algérie, une partie de la population française en Algérie manifeste son rejet de la politique du Président de Gaulle en faveur de l'autodétermination des Algériens. Les Français d'Algérie se sentent trahis et abandonnés par la métropole. Ils descendent donc dans les rues d'Alger puis prennent d'assaut des bâtiments et érigent des barricades. Cette contestation durera une semaine.
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L'Algérie : une décolonisation épineuse

Après la seconde guerre mondiale, la France affronte à contre-courant la vague mondiale de la décolonisation. La situation algérienne notamment se révèle complexe, au point de prendre la tournure d'un conflit : la guerre d'Algérie provoque une crise profonde de la IVe République, entraînant la chute de celle-ci. Le général de Gaulle est rappelé à la tête de la France. Il instaure la Ve république et est chargé de résoudre la question algérienne. Pourtant, dès 1960, les partisans de l'Algérie française s'estiment trahis et mettent tout en œuvre pour maintenir leur présence sur place : putsch des généraux, création d'une Organisation d'Armée Secrète (OAS), affrontements avec le FLN (Front de libération nationale).

Première étape à Evian

Malgré une multiplication des actions terroristes, les négociations de paix entamées par le général de Gaulle aboutissent à la proclamation d'un cessez-le-feu sur tout le territoire le 19 mars 1962. La veille, à Evian, le gouvernement français a cédé au GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) ses pouvoirs sur l'Algérie et le Sahara. La signature des accords d'Evian constitue la première phase du dénouement du problème algérien. En effet, avec cette signature, la France reconnaît l'indépendance de l'Algérie, l'intégrité de son territoire, l'unité de son peuple. Les Français s'engagent à évacuer progressivement l'armée et à fournir pendant trois ans une aide financière considérable.

Un double référendum

Ainsi, le 8 avril 1962, un référendum en métropole ratifie la décision du gouvernement du général de Gaulle avec plus de 90 % de "oui". Les Algériens, quant à eux, doivent se prononcer pour l'indépendance de leur pays le 1er juillet 1962 et la proclamation de celle-ci est fixée au 3 juillet 1962. Exactement 132 ans après que les troupes françaises ont pris Alger. Jour pour jour. Encore une fois, le "oui" est massif : 5 994 000 votants sur 6 034 000 soutiennent l'indépendance. Pourtant, jusqu'à cette date, les combats et les massacres vont se prolonger avec une violence redoublée : à l'annonce de la fin de la guerre, l'OAS se lance dans une politique de "Terre Brûlée" et multiplie les actes de violences pour empêcher l'application du cessez-le-feu.

La solution de la fuite

Dans ce contexte d'extrême violence, le repli forcé des Français d'Algérie est organisé. Bouleversés par ce qu'ils considèrent comme une trahison de la France à leur égard, les Algériens de souche française ou israélite (ils sont 700 000 "pieds noirs", soit 10% de la population) choisissent alors de quitter le pays. Ils doivent abandonner leur maison et débarquent à Marseille ou à Orly avec des gros bagages pour seuls biens. Restés sur place, les Algériens ayant soutenu la France pendant les combats, les "harkis", sont massacrés sur place devant l'indifférence des forces françaises encore présentes.

Une naissance douloureuse

Ainsi, l'indépendance de l'Algérie aura causé la mort de près de 400 000 personnes. Le 4 juillet, trois jours après le référendum qui ratifie l'indépendance à une écrasante majorité, Ahmed Ben Bella s'installe à Alger en tant que président de la nouvelle République algérienne. Il sera écarté en 1965 par Houari Boumedienne. De son côté, avec la fin du " fardeau" colonial et l'arrivée des pieds-noirs, la France va, de manière quelque peu inattendue, connaître un regain de prospérité et de dynanisme. La jeune Algérie indépendante est donc née dans la douleur.

Rédaction Ina le 01/07/2007 à 00:00. Dernière mise à jour le 11/04/2015 à 09:32.
Décolonisation Guerre d'Algérie