Kriss, l'une des grandes voix de France Inter, y a animé "Portraits sensibles" de 2000 à 2004. Elle y dressait les portraits atypiques d’illustres inconnus, de héros du quotidien devenus des stars à son micro.

Kriss fut également l'une des première "fipette" de la station  FIP, mais également l'animatrice et productrice déjantée et prolifique de L'Oreille en coin. Entre 2000 et 2004, elle présente chaque jour, à 14h30, ses Portraits sensibles dans lesquels elle part à la rencontre de parfaits inconnus aux parcours variés, parfois atypiques, qui lui dévoilent leurs vies, leurs rêves, leurs échecs et leurs bonheurs. 

Voilà comment Kriss résumait les quatre années de son programme lors de la dernière émission de la série, le 2 juillet 2004. Une émission où le hasard jouait les inspirateurs.

"Et comment, parce qu'ils ont osé rêver, risquer et sortir des chemins tracés, ils se sont dessinés leur vie..."

"Voilà, c'était quatre ans de portraits sensibles. 769 précisément et j'entends des voix qui s'emmêlent, se confondent, se superposent des voix de paysans et de facteurs de clavecins, de danseurs de claquettes et de patrons de bistrots, de dentellières et d'amazones. Des voix timides, des voix trop fortes, des accents rugueux, des voix qui roucoulent, des bribes de phrases qui me nouent la gorge et d'autres qui me font rire. Des généreux, des allumés, des courageux, des insupportables, des "Amberlitricotés", des somptueux".

Elle poursuit en citant certains propos tenus par ses invités, "Je suis, je suis une baleine amoureuse qui nage la tête en bas", disait l'un. "Quand je trace un sillon avant de semer", disait l'autre, "j'essaie de faire en sorte qu'il soit beau. Je sais, je perds du temps, mais j'aime ma terre" et tous racontaient comment c'était quand ils étaient petits. Le bonheur ou la terreur. Et comment, parce qu'ils ont osé rêver, risquer et sortir des chemins tracés, ils se sont dessinés leur vie, en dehors des modèles hypocrites d'un faux bonheur préfabriqué".

"Merci. Merci à chacun d'eux, aux 769, de nous avoir un brin redorer l'image de marque de l'humanité. Et puis, merci à vous aussi. Parce que, ben parce que ce n'était pas gagné d'avance de faire une émission qui marche en faisant le portrait d'inconnus. Il fallait pour qu'elle trouve sa place. Des gens curieux et bienveillants de l'autre côté du poste. Alors pourquoi arrêter? Parce que 4 ans, c'est bien. Mais se renouveler, tenter une nouvelle aventure, c'est passionnant aussi. Et puis, à force d'entendre des gens me raconter comment ils avaient bifurqué dans la vie, osé changer, prendre le temps de respirer… Ah, la contagion".

"OUI" à l'inconnu, au futur, au hasard, aux utopies..."

"Vous savez, j'ai demandé une hebdo, je ne sais pas encore quelle heure j'aurais, ni combien de temps, mais je la rêve bien dans cette énergie-là, la prochaine émission".

"Pour l'instant, elle s'appelle "Disponible avec et sensible", mais elle peut changer de titre sans problème. Pêchue, souriante, nomade dans le corps et dans la tête. Envie de savoir ce qui se passe quand on se donne la disponibilité de répondre "OUI" à l'inconnu, au futur, au hasard, aux utopies. Alors, on entend de la musique, on entre. C'est quoi, là? Envie de savoir ce que nous mijote l'avenir ? Parce que moi, je rencontre plein de gens qui ont peur de l'avenir. Mais quand je leur demande s'ils auraient préféré naître un siècle plus tôt. Alors là, pour rien au monde !"

"Tiens, et puis j'ai aussi envie de faire des farces. Envie de faire confiance au hasard aussi, le cultiver un peu..."

"A quoi rêvent les Archis quand ils ne sont pas obligés d'obéir aux contraintes ? Avec quel robot vivrons-nous et comment faire pour les apprivoiser sans qu'ils nous mangent ? Quelles sont les utopies contemporaines ? Mais le futur, c'est aussi une femme enceinte, un papy qui plante de la coriandre et qui en savoure déjà le goût. Un type qui tant sa greffe du foie. Tiens, et puis j'ai aussi envie de faire des farces. Envie de faire confiance au hasard aussi, le cultiver un peu. On court après les Indes, on découvre l'Amérique. On va rendre visite à Chéri-mari-chéri, on rate l'embranchement, on se retrouve dans un champ avec un beau berger. Hasard ! Oh oui, je sais, tout ça, ça fait un peu désordre mais la rentrée, c'est dans deux mois. En ce moment, l'important, c'est de s'agiter les méninges avec tout ça, en vrac et de voir ce qui va sortir du shaker…"

Pour aller plus loin

La première émission de Portraits sensibles consacrée à Catherine Maunoury. Introduction de l'invitée. (France Inter, 4 septembre 200, extrait) 

Portraits sensibles : à la recherche d'un masseur "anti-stress" sur le marché d'Aligre. (France Inter, 10 septembre 2003, extrait)

Samedi bonheur : Kriss Graffiti, invitée de Samedi Bonheur par Thierry Beccaro pour présenter son livre Le fils de la tortue, a apporté plusieurs de ses objets importants dans sa vie (un fétiche, un mini-ordinateur, une noix de coco, un chameau, une cloche de chameau). En les décrivant, elle partage quelques-uns de ses instants de vie. (25 janvier 1992)

Florence Dartois

Rédaction Ina le 02/09/2020 à 18:19. Dernière mise à jour le 03/09/2020 à 10:27.
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