Le 10 juin 1999 marque la fin des opérations militaires de l'OTAN en Serbie pour la défense de la population albanophone du Kosovo, menacée dans son intégrité par le régime du président serbe Milosevic. Dès la fin des combats, des tensions se font jour entre Occidentaux et Russes.

Les Occidentaux - Américains, Français, Britanniques et Allemands - ainsi que les Russes, font partie du groupe de contact mis en place en 1998 pour tenter de trouver une solution aux violences interethniques à l'oeuvre au Kosovo. Entre février et mars 1999, le groupe de contact réunit Serbes et Albanais près de Paris, lors de la conférence de Rambouillet. Celle-ci se solde par un échec, les Serbes acceptant l'envoi d'experts de l'OSCE, mais refusant ceux de l'OTAN, jugeant cette organisation partiale à son égard. L'échec de la conférence conduit l'OTAN, sans mandat de l'ONU (en raison de l'opposition de la Russie) à entreprendre le bombardement de la Serbie pour obtenir la capitulation de Misolevic, jugé par les Occidentaux responsable de la situation délétère de la communauté albanophone et musulmane au Kosovo.

Les frappes occidentales mènent à la capitulation de Milosevic, qui signe les accords de Kumanovo le 10 juin 1999, où il s'engage à retirer ses troupes du Kosovo. 

C'est la fin de la courte guerre du Kosovo, et le début d'un épisode entre Occidentaux et Russes qui révèle la différence de leurs conceptions géopolitiques, moins de dix ans après la fin de la Guerre froide.

Dans la nuit du 11 au 12 juin, soit deux jours après la cessation des combats, un bataillon russe faisant partie de la force de maintien de la paix des Nations unies en Bosnie-Herzégovine prend l'aéroport de Pristina avant les troupes britanniques. C'est alors l'occasion d'un face-à-face tendu lorsque les blindés britanniques se présentent finalement devant l'aéroport, tenu par les militaires russes. Les deux parties se font face, sans céder un pouce.

Les Russes souhaitent ainsi marquer leur volonté de peser sur l'administration de la province du Kosovo, en se plaçant en protecteurs des minorités serbes de la province. Mais l'OTAN refuse d'attribuer à la Fédération de Russie un secteur autonome, craignant de voir le cas échéant resurgir pour de bon le spectre de la Guerre froide. Les troupes russes seront ainsi disséminées au sein des différentes secteurs d'administration occidentaux du Kosovo.

Rédaction Ina le 07/06/2019 à 15:17. Dernière mise à jour le 07/06/2019 à 15:23.
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