Icône de l'Amérique contestataire des années 70, Joan Baez reste une véritable reine du folk. Ina.fr vous propose une rencontre de choc et de charme.

Première prise de position

La madone des sixties, un temps compagne de Bob Dylan, est connue pour ses prises de positions antimilitaristes. Farouchement opposée à la guerre du Vietnam, toute son œuvre musicale résonne comme un appel à la paix.

En 1973, avant son concert au Palais des sports de Saint-Ouen, Joan Baez expose ses positions politiques. Pour elle, "Nous ne pouvons pas rester passifs devant le fascisme, comment donner du courage aux gens pour lutter". Pendant le concert, elle entonne Le chant des partisans dans une version en anglais puis en grec.

Chanter pour la paix

Live dans Le cercle de minuit : Strange rivers, 1993

Née à New York le 9 janvier 1941 d'un père mexicain et d'une mère irlandaise, Joan apprend très tôt à faire face à la discrimination et aux injures racistes. Résolument non violente, elle décide de faire de sa voix une arme. Et quelle arme ! A la fois cristalline, transcontinentale et transgénérationnelle. Joan Baez débute sa carrière en 1959 en se faisant remarquer lors d'un festival de chansons traditionnelles. Un an plus tard, elle sort un album éponyme qui se vend très bien. L'artiste aurait pu se glorifier de ce premier succès. Oui. Mais non ! Guitare en bandoulière, la chanteuse entend bien sillonner la planète et chanter pour ceux qui se battent pour la paix.

Du Vietnam au Chili ou bien encore l'Afrique du Sud

C'est ainsi qu'en pleine guerre du Vietnam, Joan Baez est à Hanoï pour répandre ses paroles mélodieuses sous les bombes de ses compatriotes. Elle avouera avoir tremblé mais que le seul moyen de dominer sa peur était de chanter et ce, en dépit des attaques américaines. Son combat aussi aurait pu s'arrêter là. Oui. Mais non ! Son périple antimilitariste et de défense des droits de l'Homme la mène au Chili, sous l'ère Pinochet, en Afrique du Sud, au cœur de l'apartheid… Pasionaria inspirée par Gandhi, amie de Martin Luther King, elle devient la conscience de sa génération. Celle de l'espoir et de l'utopie dans une Amérique raciste et intolérante.

En 1979, dans son appartement aux Etats-Unis à propos de sa prise de position en faveur des réfugiés vietnamiens (version originale non sous-titrée), elle déclare "Je me sens très concernée par les droits de l'homme et le problème des réfugiés vietnamiens. Mais je tiens à dire que je n'ai jamais défendu le gouvernement du Vietnam..." L'artiste chante ensuite a cappella une nouvelle chanson, For all we know, sur des images de réfugiés vietnamiens, du camp de Poulo bidong...

En 1979, elle évoque son engagement.

En 1981, dans l'émission Crible, la chanteuse parle de son récent voyage en Amérique Latine. Elle évoque les difficultés rencontrées dans certains pays où elle n'a pas eu l'autorisation de chanter et rappelle que les droits de l'homme sont bafoués dans de nombreux territoires. Joan Baez évoque ensuite de politique, elle qui revendique sa non-appartenance à un courant précis.

Une artiste a-politique

Dans les années 1970, Joan Baez se tourne vers la country. En 1975, son album Diamonds and Rust est un succès et son titre The Ballad of Sacco & Vanzetti compte parmi ses plus belles chansons.

En 1980, avec l'album Recently et le morceau Biko, Joan Baez opère un virage vers le rock. Dix ans plus tard, si Joan Baez ne chante plus les pieds nus, le combat continue. Et à ceux qui la stigmatisent en lui conférant des orientations politiques, elle répond : "J'essaie d'aider les gens à voir avec leurs deux yeux, pas seulement avec l’œil droit ou le gauche". Et de poursuivre : "Je n'ai jamais été ni de droite ni de gauche. Personne ne l'a jamais vraiment compris". C'est entendu mais ses concerts sont souvent une tribune pour les droits de l'homme.

Toujours sur scène

A plus de 70 ans, Joan Baez avouait vouloir se consacrer entièrement à la musique. Profiter de ses amis du milieu, qu'elle n'a fait que croiser tout au long de ses années d'engagement. Alors, la reine du folk n'est pas prête de quitter la scène.

Rédaction Ina le 09/10/2008 à 00:00. Dernière mise à jour le 08/07/2019 à 13:38.
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