Jean-Claude Drouot a vu le jour le 17 décembre 1938. L'acteur débuta sa carrière sur le petit écran avec la série télévisée Thierry la Fronde et plus particulièrement grâce au rôle emblématique de son héros éponyme. Un rôle mythique parfois difficile à faire oublier…

Ainsi, pour de nombreux téléspectateurs, Jean-Claude Drouot c'est un rôle, celui de Thierry de Janville, alias Thierry la Fronde, que l'acteur a incarné durant quatre saisons, de 1963 à 1966, soit 52 épisodes. Un personnage lumineux qui a collé à la peau de l'acteur au point de l'emprisonner et dont il a dû "divorcer" au grand dam de ses fans.

Thierry la Fronde, un personnage "encombrant"

En 1973, invité de l'émission Aujourd'hui madame, le comédien revenait sur cette période de sa vie et expliquait à des téléspectatrices pourquoi il avait souhaité arrêté la série et s'éloigner de ce rôle qui l'emprisonnait.

"C'était devenu un mythe. Et disons que ma personne, Drouot, était complètement soudée à ce mythe."

"Ça reste un merveilleux souvenir mais j'ai froncé les sourcils toute à l'heure, parce que pendant plusieurs années ce personnage a été encombrant. Comme je ne souhaitais pas mystifier le public […] néanmoins ce personnage était très contraignant dans la mesure où il était totalement mystifiant. C'était devenu un mythe. Et disons que ma personne, Drouot, était complètement soudée à ce mythe. Comme mon propos, moi, c'était de faire état de ma démarche personnelle, il est venu un moment, rapide, où j'ai souhaité le divorce entre moi et ce personnage. Ce que j'ai fait. On n'a pas compris au début. On a cru que j'étais un peu velléitaire, que je refusais ces gentillesses..."

"Si on est victime des personnages, si on sert une mythologie qui vous échappe, ça n'est pas intéressant."

"... On ne comprenait pas pourquoi je refusais aux enfants, aux gens, de ne pas continuer. Et pour moi, c'était nécessaire. C'était vital. Je ne crois pas faire ce métier par vanité personnelle. Je n'ai pas le goût, ni de la carrière, ni de la réussite, ni du vedettariat. Je crois que ça n'a pas beaucoup de sens et qu'il faut le dénoncer même auprès du public. Je crois que la réussite, elle est intérieure. Elle est d'être au plus près de soi-même. De coller à soi-même et c'est là qu'on peut être au plus près de soi-même et répondre à l'amitié que le public vous fait. Cette amitié est très précieuse pour un acteur. Nous sommes des gens publics. Elle est très précieuse dans la mesure où l'on garde pleinement une attitude responsable. Si on est victime des personnages, si on sert une mythologie qui vous échappe, ça n'est pas intéressant. Du moins ça ne m'intéresse pas."

1963, Jean-Claude Drouot devient Thierry la Fronde

Quoi qu'il en soit, Jean-claude Drouot doit bien sa célébrité au héros de cette série conçue pour la télé par Jean-Claude Deret. Après une formation au Jeune Théâtre de l'ULB (Université Libre de Bruxelles), ce jeune acteur d'origine belge, arrivé à Paris en 1959, débute son apprentissage de comédien dans le cours de Charles Dullin.

Quatre ans plus tard, au mois de février 1963, il entend dans l'émission Au-delà de l'écran que les producteurs de la future série Thierry la Fronde recherchent toujours activement le comédien qui interprétera leur héros. Le lendemain, il prend le train pour Paris. Casting réussi !

Quelques jours avant le début du tournage, en mars 1963, le journaliste Pierre Louis se rend chez lui. Le jeune acteur, encore méconnu, vit alors à 35 kilomètres de Paris, à Evry-Petit-Bourg. Ce reportage réalisé sur un ton humoristique nous dresse son portrait sans qu'il prononce un seul mot… "Taille 1m84, silhouette athlétique, aimant tous les sports bien que n'en pratiquant aucun particulièrement…"

Le journaliste explique que s'il est physiquement le portrait de Thierry la Fronde, une chose le différencie de son personnage : sa coupe de cheveux…

Qu'à cela ne tienne, le reporter nous entraîne chez le coiffeur où l'aspirant vedette de la télé sacrifie "quelques boucles brunes à un artiste capillaire… qui va donner à sa coiffure une ligne jeune, virile et romantique exigée par le scenario"…

Thierry la Fronde, le premier héros cathodique

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Thierry la Fronde, saison 4, 1965

Un an après ses débuts, en 1964, de passage à Lyon, c'est en jeune premier de la télé que Jean-Claude Drouot répond cette fois à une interview en bonne et due forme de Nathalie Canavaggio. L'artiste s'est mis au chant et vient de sortir un disque de chansons adaptées de la bande son de la série. Il décrit quelques-unes de ses réalisations et raconte comment il a fondé une coopérative de théâtre avec d'autres comédiens et artistes pour leur permettre de se rassembler et de mutualiser leurs talents.

Jean-Claude Drouot évoque ensuite le succès de son personnage, alors que sont diffusées des images de jeunes fans lui réclamant des autographes : "Je dois dire pour le crédit de Thierry la Fronde qu'il m'arrive une chose extraordinaire. Cette amitié des enfants, des adultes qui m'est donnée est spontanée. Ça fait très chaud au coeur. C'est très agréable d'avoir cet échange, de faire ce métier merveilleux que j'ai toujours souhaité faire. C'est une grande responsabilité."

"C'est un personnage exaltant parce que c'est un personnage gourmand de vie..."

En évoquant son avenir, il explique qu'il ne tient pas à rejouer des personnages qui ressembleraient à Thierry : "C'est un personnage exaltant parce que c'est un personnage gourmand de vie qui a besoin d'éclater au soleil. C'est un fruit mûr…" puis il poursuit : "Je colle à lui parce que je suis très nerveux."

Son personnage est inspiré d'un personnage réel, un mathématicien tué dans un duel à 21 ans. Il estime qu'il ne faut pas le limiter à cela : "Ce qui lui donne une sève théâtrale formidable, c'est que c'était un Républicain authentique, un être épris d'une liberté totale, exclusive. C'est ce qui en fait un être fabuleux."

Le reportage se termine sur deux chansons créées d'après des thèmes musicaux du feuilleton Thierry la fronde : Château de sable et La marche des compagnons (sur l'air du générique de Thierry la fronde).

En 2014, 41 ans après la création de son rôle, celui qui a sans doute été la première star de la télévision française se confiait dans le magazine 13h15, le dimanche et revenait sur le succès de la série auprès des enfants, des fabricants de fronde et même du général de Gaulle…

Quelques temps forts de la carrière du comédien

En décembre 1964, Agnès Varda fait tourner Jean-Claude Drouot dans le film Bonheur, avec une particularité, sa propre épouse et ses enfants tournent dans le film. Images du tournage. 

En 1999, le comédien entre à la Comédie Française

En 1984, Jean-Claude Drouot, alors directeur du centre dramatique national de Reims, revenait sur sa carrière, notamment au théâtre.

Quelques séries télévisées avec Jean-Claude Drouot

Les Steenfort. Fiction en deux fois 3 parties sur l'histoire tumultueuse d'une famille de brasseurs de bière ardennais : trois générations d'ambitieux de 1855 à 1973. (Premium)

Thierry la Fronde (Pack de 52 vidéos, Premium)

Redécouvrez Jean-Claude Drouot dans une sélection de 5 fictions exceptionnelles. Pack de 5 vidéos accessibles en VOD et DVOD. Le Secret de Wilhelm Storitz / La Forêt Noire / Arlequin et Arrabal / L'Ingénu / Margrit 1888-1891 (Premium)

Gaston Phébus. Feuilleton historique en six épisodes (1978), d'après l'oeuvre de Myriam et Gaston de Béarn, retraçant l'histoire d'un des plus puissants seigneurs du Royaume de France à la fin du Moyen Age, Gaston III de Foix, prince de Béarn, surnommé Phébus en raison de sa chevelure blonde. (Premium)

Plus de documents sur Jean-Claude Drouot

https://www.ina.fr/recherche/search?search=jean+claude+drouot

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Rédaction Ina le 11/12/2018 à 16:09. Dernière mise à jour le 11/12/2018 à 17:32.
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