Le plus britannique des réalisateurs américains, James Ivory, fête ses 90 ans le 7 juin 2018. Avec 32 films en 58 ans de carrière, le réalisateur a su, comme personne, brosser le portrait des carcans sociétaux de l'Angleterre edwardienne. Retour en images sur sa filmographie "so british".

James Ivory voit le jour le 7 juin 1928 à Berkeley aux Etats-Unis. S'il commence sa carrière de cinéaste avec des courts métrages et des documentaires, il tourne son premier long métrages en 1963, avec The Householder, tourné en Inde où il vivra quelques années. Il partage ensuite sa vie entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, un pays qui va profondément marquer son œuvre. Il faut attendre les années 80 pour que James Ivory rencontre le succès auprès d'un plus large public avec des films adaptés de romans de Edward Morgan Forster qui dépeignent la vie de l'aristocratie edwardienne  (fin du XIXe siècle - début du XXe siècle).

C'est Chambre avec vue, une étude de caractères sur les mésalliances dues aux conventions sociales, qui lui apporte son premier succès international. Il est couronné par trois Oscars, dont celui du meilleur scénario, et marque la première collaboration entre Ivory et l'une de ses actrices fétiches, Helena Bonham Carter. En 1985, dans une interview pour RFI, Denholm Elliott, qui joue le rôle de Mr. Emerson, évoque le film et son travail avec le réalisateur.

Avec Maurice, en 1987, dont le scénario est à nouveau adapté d'un roman de Forster, le cinéaste traite de la difficulté à vivre son homosexualité dans la haute société conformiste londonienne. Ecoutons ce qu'en pensaient les critiques de l'émission Le masque et la plume sur France Inter .

En 1992 et 1993, Retour à Howards End et Les Vestiges du jour, vont réunir à deux reprises le couple d'acteurs formé par Anthony Hopkins et Emma Thompson. James Ivory reçoit le prix du 45e anniversaire du Festival de Cannes pour Howards End. 

En 1994, James Ivory s'entretient avec Michel Field à propos des rapports psychologiques entre les différents personnages du film Les vestiges du jour. Il explique que les détails du film sont importants car le personnage principal est lui-même très pointilleux.

Dans l'émission de radio Les étoiles du cinéma d'André Asséo, le cinéaste évoque la gentry anglaise, un monde qui lui était inconnu et qu'il a comparé à la discipline de l'armée. Il dresse ensuite le portrait de Stevens, le personnage de majordome joué par Anthony Hopkins.

A partir des années 90, jugé plus académique pour Jefferson à Paris et Surviving Picasso, James Ivory revient aux évocations du passé qui avait fait son succès avec La Fille d'un soldat ne pleure jamais et La Coupe d'or à la fin des années 90.

James Ivory se fera plus rare dans les années 90 et seul son film Le divorce sort en salle en France.

En 2002, il adapte l'un de ses auteurs favoris, Henry James, avec La coupe d'or.

Son dernier film, The City of Your Final Destination date de 2009.

James Ivory remporte presque dix ans plus tard, à l'âge de 89 ans, l'Oscar du meilleur scénario adapté grâce à Call Me By Your Name de Luca Guadagnino, tiré du roman d'André Aciman.

Pour aller plus loin

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Sur le tournage de Quartet avec Isabelle Adjani, sous la direction de James Ivory dans le décor du "Boeuf sur le toit". C'est un film sur le Montparnasse des années 20. 

Interview de James Ivory, (en anglais, traduction simultanée) à propos du film Jefferson à Paris : l'intérêt des contradictions dans la vie de Jefferson qui était ambassadeur des Etats-Unis à Paris au moment de la Révolution. Sa curiosité. La controverse sur le film aux Etats-Unis.(15 mai 1995, Journal parlé de France Inter, audio).

En 1996, James Ivory et Anthony Hopkins deviennent commandeurs des Arts et des Lettres.

Re-sortie de Roseland sur les écrans en 1997, vingt ans après sa sortie. 

En 2003, le festival de Deauville lui rend hommage.

Rédaction Ina le 06/06/2018 à 10:24. Dernière mise à jour le 06/06/2018 à 10:38.
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