La fée électro

« Techno », « house », « jungle » : ces termes, barbares pour les novices, désignent les différents courants de la musique électronique. L'électro a fait son apparition il y a bon nombre d'années et il est maintenant impossible d'y échapper. Elle est partout : dans les rues pour la techno parade, sur les ondes radio, en boîte, à la télévision... Mais qui est pionnier en la matière ? Pour certains, ce sont deux casqués.

Une paternité contestée

Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo forment le groupe Daft Punk. Après trois albums, leurs beats, mélodies et slogans ont ouvert la brèche à toute une génération de musiciens. Aujourd'hui, la sortie de leur DVD live « Alive » fait figure d'événement. Et pourtant, ils refusent de revendiquer la moindre paternité.
Un peu comme Pierre Henry : « quand on est au début d'un mouvement, on se dit 50 ans après : « c'est repris, c'est standardisé, ça devient une chose commerciale ». Bien sûr c'est un fait sociologique très important, mais moi, je tiens encore à mes vieilles recettes, à mes manipulations, à ce que j'ai trouvé pour que les sons soient inouïs et que les bruits deviennent des nouveaux instruments de musique. »
Pourtant, c'est bien lui, le doyen de la musique électro française (il a fêté ses 80 ans le 9 décembre 2007), qui a donné les premières mesures de l'électro. Dans les années 50, aux côtés de Pierre Schaeffer, il bidouille les bruits du quotidien pour en tirer des sons harmonieux : la musique concrète est née.

Musique concrète, électro, techno : kesako ?

En fait, cette nouvelle façon de concevoir la musique se défait des 12 notes de la gamme. La musique n'est donc plus uniquement hauteurs de notes mais «sons» et «éléments sonores».
Ainsi, au fil des années, la musique électro s'annonce, grandit et glisse sur d'autres termes. La «techno» par exemple. Prise au sens très large, elle désigne un mouvement culturel autrefois réservé à des initiés. Sa particularité : être entièrement fabriquée avec des machines. Démocratisée par Laurent Garnier au début des années 90, elle est devenue une véritable mécanique à danser.

A chacun sa touche

Ainsi, les artistes tricolores apportent une esthétique nouvelle à l'électro et contribuent franchement à son évolution. C'est ce qu'on appelle la « French touch ». Depuis, une tripotée de rejetons en ont été étiquetés. Dans cette grande famille, chacun nuance l'électro pour affirmer son propre style : sons funks pour Daft Punk, sons plutôt jazzys pour St Germain, évanescents pour Air ou rock pour Cassius. Les petits derniers, Justice, optent pour des violons discos et une chorale d'enfants.
Mais le propre de l'électro française c'est d'être… internationale. Japon, Etats-Unis, Europe : ces électrons libres voyagent à travers le monde et s'exportent à tout va. L'électro française est avant tout « Around the world », comme dirait Daft Punk.

Rédaction Ina le 07/12/2007 à 00:00. Dernière mise à jour le 10/04/2015 à 15:00.
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