Haroun Tazieff, un tempérament de feu

tazieff620

Une jeunesse d'apatride

Haroun Tazieff naît à Varsovie le 11 mai 1914. Son père est docteur en médecine tandis que sa mère est chimiste et docteur en sciences politiques. Après le décès prématuré de son mari, au début de la Première Guerre Mondiale, la veuve et l'enfant émigrent en Belgique. Le petit restera apatride de nombreuses années avant de recevoir la nationalité belge en 1936.

Il revient sur ses premières années.

Récit de sa vie, 1991

Le jeune garçon brille aussi bien dans ses études - diplôme d'ingénieur agronome (1938) et géologue (1944) - que dans les activités sportives (boxeur - champion de Belgique universitaire - puis champion du Katanga).

Sa scolarité, 1980

Il restera un passionné de sport toute sa vie. En 1980, il évoque sa passion du rugby.

Sa passion du Rugby, 1980

Au début des années 50, le scientifique explorateur se joint à l'équipe de la Calypso du commandant Cousteau en Mer rouge. Il revient sur cette expédition avec Claude Villers dans l'émission "Visas" en 1979.

L'expérience Calypso, 1979 (audio)

De la géologie à la volcanologie

Au cours des années 40, Haroun Tazieff occupe un poste d'ingénieur aux mines d'étain du Katanga (ex-Congo Belge).

En 1948, en tant que géologue au service géologique du Congo belge, il étudie l'éruption du Kituro qui va déterminer sa passion pour la volcanologie.

Retour sur sa découverte d'un lac de lave en 1948 et le film qu'il y réalisa "Les rendez-vous du diable". Images sonores du cratère en irruption.

"Les rendez-vous du diable", 1958 (audio) 

Désormais, ce scientifique au cœur d'aventurier, épris de liberté, se lance dans l'étude sur le terrain de la phénoménologie des éruptions volcaniques et de leur prévision.

Que serais-je sans les volcans? 1976

Les risques font partie intégrante de sa manière d'envisager son métier. Il se définit également comme un vulgarisateur de cette science méconnue. Il évoque ses débuts de vulcanologue dans cette émission radio de 1968.

Ses débuts de volcanologue (audio)

En 1957, chargé de cours à l'Université Libre de Bruxelles, il anime le Centre national de volcanologie. Il raconte comment, géologue, il s'est passionné pour les volcans. Il définit également son métier de volcanologue.

Haroun Tazieff chez lui, 1957

L'explorateur au cœur du feu

En 1958, Haroun Tazieff est nommé chargé de cours à la faculté des sciences de Paris. Il s'installe en France et se consacre désormais à une longue série d'expéditions volcanologiques : vallée des Dix mille fumées en Alaska, dépression de l'Afar, Nyiragongo, Erta Ale, mont Erebus, Etna, Faial, la Soufrière de la Guadeloupe, etc.

Haroun Tazieff sur l'Etna, 1972

Il est naturalisé français en 1971, perdant automatiquement la nationalité belge.

En 1972, il devient maître puis directeur de recherche au CNRS, au laboratoire de volcanologie du Centre des faibles radioactivités de Gif-sur-Yvette spécialisé notamment dans les gaz éruptifs.

Une expertise reconnue

Le volcanologue est nommé président du conseil scientifique de l'institut de volcanologie (Rome, Catane, Pise) et responsable du service volcanologique de l'Institut de physique du globe de Paris. Il supervise notamment la surveillance de la Montagne Pelée à la Martinique et de la Soufrière à la Guadeloupe de 1973  à 1976.

En 1976, la soufrière entre en activité. Haroun Tazieff refuse de céder à la panique et de faire évacuer la zone.

La Soufrière en éruption, 1976

Une polémique l'oppose à Claude Allègre son responsable hiérarchique à ce sujet. Il est limogé de l'Institut de physique du globe de Paris pour avoir quitté la zone trop rapidement sans plus de précautions. Il règne un climat de règlement de compte entre les deux hommes.

Polémique Allègre-Tazieff, 1976

Du volcan au ministère

En 1981, il obtient le poste de commissaire à l'étude et à la prévention des catastrophes naturelles. Bientôt la politique lui fait de l'œil.

De 1984 à 1986, homme de gauche revendiqué, il est appelé par Laurent Fabius, alors Premier ministre de François Mitterrand, au poste de secrétaire d'État chargé de la prévention des risques technologiques et naturels majeurs.

Nomination d'Haroun Tazieff, 1984

En 1985, au terme de six ans de mandat, il démissionne de ses fonctions de maire de Mirmande.

Démission de la mairie de Mirmande, 1985

L'un de ses combats : la lutte contre la pollution. En 1987, il rend un rapport décapant sur le sujet à Alain Carignon, ministre de l'Environnement.

Rapport d'Haroun Tazieff sur la pollution, 1987

A partir de 1988, Haroun Tazieff occupe le poste de président du Comité supérieur des risques volcaniques jusqu'en 1995.

Il décède le 2 février 1998 à l'âge de 83 ans.

Jean-Louis Etienne rend hommage à Haroun Tazieff, 1998 

Pour aller plus loin

Haroun Tazieff à la radio

L'éruption du volcan Eyjafjöll. Le 20 mars 2010, le volcan islandais Eyjafjoll entrait en activité et envoyait des tonnes de cendres dans l'atmosphère, bloquant le trafic aérien durant plusieurs jours. Retour en vidéos sur le chaos provoqué par l'éruption.

Volcans : Petit tour d'horizon d'éruptions volcaniques et de leurs conséquences catastrophiques : Islande, États-Unis, Martinique, Italie...

Rédaction Ina le 29/04/2014 à 10:19. Dernière mise à jour le 29/01/2018 à 14:43.
La terre Sciences et techniques