Genèse du conflit  

La première guerre du Liban (1975-1991) découle de vieilles querelles entre Israéliens et Palestiniens. Tout commence en 1969, suite aux "Accords du Caire" qui officialisent la présence palestinienne dans les camps du Liban du sud.

En 1970, les combattants palestiniens de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) sont chassés de Jordanie et installent alors leur base dans le sud du Liban.

Puis en 1972, des opérations militaires et des représailles entre Israéliens et Palestiniens sur le territoire libanais enveniment les relations entre Palestiniens et l’État libanais.

Début de la 1ère guerre

13 avril 1975. L'un des gardes du corps du phalangiste Pierre Gemayel est assassiné. En réponse, les milices phalangistes provoquent l’incident d’Aï Remmaneh : 27 palestiniens sont massacrés dans un bus. À partir de cette date le Liban s'enfonce dans la guerre civile.

Le 17 avril 1975, Pierre Gemayel évoque ces phalanges.

Créées par Gemayel en 1936, les Kataëb - phalanges armées maronites d’inspiration franquiste - s’opposent aux nationalistes et aux progressistes arabes.

En 1969, il explique les motivations de ces groupes armés.

Kamal Joumblatt, leader druze et chef du parti socialiste progressiste donne son point de vue sur la crise libanaise.

Le territoire se divise désormais entre les deux camps qui s’affrontent dans les rues et multiplient les massacres. Ici la "bataille des hôtels" à Beyrouth en décembre 1975.

L’État libanais affaibli par des crises internes est dans l'incapacité d'unifier le pays. Une barrière est-ouest s'érige alors entre chrétiens et arabes. L'armée se délite.

La guerre de "deux ans"

Pendant près de huit mois, d'avril 75 à novembre 1976, des combats opposent les milices chrétiennes conservatrices aux palestino-progressistes (Palestiniens et gauche libanaise) soutenus par la Syrie, qui proclame néanmoins sa neutralité.

En 1976, reportage dans le bidonville de la quarantaine. La population civile est prise au piège.

Les forces en présence au Liban, avril 1976.

Mais en Juin 1976, contre toutes attentes, la Syrie, qui a la plus grande frontière commune avec le Liban, envoie des troupes sur place à la demande du camp chrétien en mauvaise posture face aux forces palestino-progressistes.

Position de la Syrie dans le conflit libanais, novembre 1976.

Enfin, en Novembre 1976, la fin officielle de la guerre est déclarée. 

Entrée des casques verts syriens à Beyrouth, novembre 1976.

Le bilan est alors de 30 000 morts et 600 000 réfugiés. L'armée libanaise a éclaté en factions rivales et le territoire est alors contrôlé par une multitude de milices et de clans. 

Intervention de l’ONU et de la FINUL

En Mars 1977, l’assassinat de Kamal Joumblatt, chef du parti socialiste progressiste (PSP, druze) à proximité d’un barrage syrien relance le conflit.

Un an après, en mars 1978, Israël occupe militairement le sud du Liban. L’ONU exige un retrait israélien par la Résolution 425.

Il y a alors le déploiement de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).

L'armée israélienne se retire partiellement en juin, laissant le contrôle du Sud Liban à la milice chrétienne du commandant Saad Haddad.

Affrontement au sud Liban

En Avril 1979, le commandant Haddad proclame l'indépendance des zones chrétiennes du Sud-Liban et donne à sa milice le nom d'Armée du Liban Sud (ALS).

Cette indépendance amène à des affrontements entre Israéliens et Palestiniens au Sud-Liban en Juin 1981.

Un an plus tard, les Israéliens envahissent à nouveau le Liban et assiègent Beyrouth. Cette opération est appelée opération "Paix en Galilée".

Puis le 14 septembre 1982, le président Béchir Gemayel, élu 23 jours plus tôt, est assassiné à Beyrouth.

Son frère Amine lui succédera le 21.

Retrait des forces internationales

Entre avril et octobre 1983, le pays est meurtri par de nombreux attentats touchant la présence étrangère. Un attentat-suicide chiite fait 63 morts à l'ambassade des États-Unis à Beyrouth.

Novembre 1983. Des affrontements entre l'OLP et les Syriens se déclenchent et Yasser Arafat, accompagné de 4000 partisans, sont évacués sous protection française.

Février 1984, la milice chiite Amal prend le contrôle de Beyrouth-Ouest. Par ailleurs, les contingents militaires américains, britanniques et italiens de la Force multinationale quittent le Liban.

Le mois suivant, une longue série d'enlèvements d'otages occidentaux débute.

De son côté, la France annonce le retrait de son contingent de la FINUL et le conseil des ministres libanais décide la suppression du traité de paix de mai 1983.

Tentative de paix

En Mai 1984, la formation d'un gouvernement d'union nationale est dirigé par l'ancien Premier ministre Rachid Karamé.

En Janvier 1985, le retrait des forces israéliennes du Liban est annoncé et s’achèvera en juin 1985.

La "guerre des camps"

À partir de mai 1985 débute la guerre des camps entre la milice chiite Amal, soutenue par une partie de l'armée libanaise, et les Palestiniens qui refusent de se désarmer.

Les camps comme ceux de Sabra et Chatila sont pilonnés.

Des rumeurs de massacres se multiplient, les milices Amal sont fortement suspectées.

En Octobre 1985, une tentative d'accord pour un arrêt des combats est passé entre les trois principales milices libanaises: Amal (chiite), PSP (druze) et Forces libanaises (chrétienne), mais échoue sous la pression du président Gemayel. Ce qui entraîne une nouvelle guerre des camps (Mai1986 à avril 1987)

Aspect politique de 1987 à 1989

En Juin 1987, le Premier ministre Rachid Karamé est tué dans un attentat. Le général Aoun est désigné pour former un gouvernement provisoire. Les musulmans, qui ne le reconnaissent, pas forment un gouvernement parallèle à Beyrouth Ouest, dirigé par Salim Hoss.

Mars 1989. Aoun, à la tête d’un gouvernement de militaires lance une "guerre de libération" contre les 33 000 soldats syriens présents au Liban.

Les accords de Taëf

En Octobre 1989, la signature des Accords de Taëf établissent un nouvel équilibre entre les communautés.

Ils prévoient la dissolution des milices, le renforcement des pouvoirs du Premier ministre et la formation d'un gouvernement d'union nationale. Mais la Syrie maintient plus de 40 000 soldats au Liban.

Novembre 1989, René Moawad est élu président par les signataires des accords de Taëf, mais il est  assassiné dans le mois qui suit.

Ainsi, Salim Hoss devient Premier ministre et le général Emile Lahoud succède à Aoun en tant que chef des forces armées.

De Janvier à mars 1990, la guerre pour le contrôle du "Pays chrétien" entre partisans du général Aoun et Forces Libanaises fait plusieurs milliers de morts.

De plus, en octobre, suite à cette offensive syro-libanaise, Aoun est évincé du pouvoir et se réfugie à l'ambassade de France.

Il partira en exil en France en 1991. La guerre civile libanaise prend alors fin. Elle aura fait plus de  150 000 morts en 15 ans.

Rédaction Ina le 03/04/2015 à 16:43. Dernière mise à jour le 13/04/2015 à 10:29.
Politique internationale