Un accident révélateur

Née en 1907, Frida Kahlo disparaît en 1954, à l’âge de 47 ans. La jeune fille se destine dans un premier temps à la médecine mais un grave accident de tramway brise son corps et l’immobilise de nombreux mois. Son état de santé restera toujours très précaire. C’est durant sa convalescence, pour échapper à l'ennui et à la douleur, elle se met à peindre. Ses tableaux très colorés contrastent avec la noirceur de son quotidien. Elle y exprime tout ce que son handicap lui interdit de vivre. L’artiste peint toute l’énergie qu’elle ne peut déployer dans ses mouvements.  Rétablie, elle fréquente un cercle d'intellectuels et d'artistes gauchistes.

Film sur Frida Kahlo, 2003

La passion Rivera

C’est dans ce contexte, en 1928, qu’elle rencontre le plus célèbre peintre muraliste de l’époque, l'imposant Diego Rivera, de 21 ans son aîné. 

Exposition des œuvres du couple, Paris, 1998

Les amants se marient rapidement. Certains diront à l’époque que c’est le mariage « d’un éléphant et d’une colombe ».

Exposition des œuvres du couple, Martigny, 1998

En 1930, le couple part vivre à San Francisco, où Rivera a reçu d'importantes commandes de mécènes. Frida continue à peindre dans l’ombre de son brillant mari mais son travail reste confidentiel. Nationaliste dans l’âme et militante de la révolution zapatiste, l’artiste se sent mal en Californie.

Pièce consacrée à Frida Kahlo à Caen, 1997

La situation est d’autant plus pesante que Diego la trompe ouvertement avec sa propre sœur. Blessée et humiliée, la jeune femme le quitte et part vivre quelques temps à New York. Elle retourne finalement au Mexique où elle mène à son tour une vie dissolue teintée de bisexualité. Frida multiplie les aventures extraconjugales. Les époux divorcent finalement en 1939 … mais se remarient un an plus tard.

Le succès

Son œuvre prend de l’ampleur dans les années 40. Elle peint de nombreux autoportraits torturés, des natures mortes, des portraits de Diego et de ses proches mais aussi des représentations souvent très crues de la féminité. Dans son œuvre, les couleurs chatoyantes côtoient le macabre.

Rétrospective Kahlo à Vienne, 2010

La peinture de Frida commence à trouver son public. En 1939, à l’invitation d’André Breton et de Marcel Duchamp, elle expose à Paris. Le manque d’organisation et le laisser-aller des surréalistes français la déçoivent terriblement, elle l’exprime de manière très crue : « Cela valait la peine de venir jusqu'ici, rien que pour voir pourquoi l'Europe pourrit et que tous ces bons à rien sont la cause de tous les Hitlers et Mussolinis...".

Tout lui déplaît à Paris. Elle décrit son profond dégoût pour les intellectuels parisiens en ces mots : « Ils ont tellement de foutus intellectuels pourris que je ne peux plus les supporter. Ils sont vraiment trop pour moi ».

Nuits magnétiques : Frida Kahlo, 1987

La reconnaissance

En 1942, l’artiste commence un journal dans lequel elle revient sur les détails de sa vie. La même année, elle est élue membre du Seminario de Cultura Mexicana, organisation créée par le ministre des Affaires culturelles pour encourager la diffusion de la culture mexicaine.

En 1943, Frida dirige une classe de peinture à l’académie des Beaux-arts. Mais son état de santé l'oblige à enseigner chez elle, des douleurs atroces l’empêchant de marcher correctement. Elle doit porter un corset de fer qu’elle peint dans La colonne brisée (1944).

Exposition Kahlo, Paris, 1992

En juin 1946, elle subit une opération de la colonne vertébrale qui n’atténue malheureusement pas son calvaire. Son physique se dégrade et l’oblige à être hospitalisée durant 9 mois en 1950. D’autres opérations suivent, sans amélioration. A la sixième, l’artiste peut enfin reprendre la peinture, mais reste allongée. En 1953, Frida assiste au vernissage de sa première exposition monographique au Mexique alitée.

Les dernières années

Quelques mois plus tard, on doit l’amputer à cause de la gangrène. Soulagée mais profondément déprimée, Frida Kahlo songe au suicide. Seul le soutien de Diego la pousse à vivre. Très affaiblie, elle s’éteint le 13 juillet 1954 à la suite d’une embolie pulmonaire.

D’autres hypothèses ont été suggérées par des proches (suicide, overdose de médicaments…). Son dernier tableau reste cependant un bel hommage à la vie : « Viva la Vida » (Vive la Vie).

Rédaction Ina le 07/10/2013 à 10:38. Dernière mise à jour le 09/04/2015 à 17:52.
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