Les ministres grec et macédonien des Affaires Étrangères Nikos Kotzias et Nikola Dimitrov ont signé le 27 juin 2018 un accord historique pour rebaptiser l'actuelle Ex-république yougoslave de Macédoine (ARYM) en "Macédoine du Nord", lui dégageant la voie vers l'UE et l'OTAN.

Le référendum du 30 septembre doit donc officiellement entériner cette décision, ou au contraire la rejeter. Un "oui" signifierait la fin de 27 ans de tensions entre la Grèce et son voisin du nord.

C’est en effet en 1991 que ce pays peuplé de 2 millions d’habitants, situé au sud de l’Ex Yougoslavie, et peuplé majoritairement de Slaves, obtient son indépendance. Dès lors, une bataille sémantique s’engage entre ce pays et son voisin grec, qui lui refuse le nom de Macédoine, considéré comme partie essentielle du patrimoine culturel et historique de la Grèce antique. Pourquoi ?

Aux yeux de nombreux Grecs, le terme « Macédoine » renvoie avant tout à la glorieuse épopée d’Alexandre le Grand. Sa région natale, l’ancienne Macédoine antique, est aujourd’hui située en Grèce, avec pour ville principale Thessalonique. Les deux anciens sites archéologiques attestant de cette période, Vergina et Pella, sont également situés sur le territoire grec. Et c’est justement sur le site de Vergina que fut découvert en 1977 le « soleil de Vergina », symbole figurant sur le drapeau de la Macédoine grecque… et qui fut repris en 1991 par la Macédoine slave, jusqu’en 1995, où le pays adopta son drapeau actuel.

1992 voit donc des milliers de Grecs défiler dans les rues d’Athènes en soutien de leur gouvernement qui adopte une position intransigeante sur le sujet. Le gouvernement grec de l’époque use ainsi de toute son influence au sein des institutions internationales (UE, OTAN, ONU), pour opposer son veto à la reconnaissance officielle du nom de Macédoine. A la place, l’ONU reconnaît donc ce pays sous le nom provisoire de ARYM (FYROM en anglais), même si de nombreux pays, notamment occidentaux, finissent par reconnaitre le nom de Macédoine.

L’accord conclu entre la Macédoine slave et la Grèce pourrait donc mettre fin à  près de trois décennies de luttes diplomatiques. La « Macédoine du Nord » reconnaîtrait donc le droit à la seule Grèce de revendiquer l’héritage culturel macédonien antique. Et dès lors, la Grèce ne s’opposerait plus à l’entrée de son voisin slave au sein de l’Union européenne et de l’Otan…

Rédaction Ina le 18/06/2018 à 12:06. Dernière mise à jour le 28/09/2018 à 18:35.
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