La revue scientifique Science a publié jeudi 19 septembre 2019 une étude qui montre que la population d'oiseaux d'Amérique du Nord s'est effondrée d'un quart depuis 1970. Une époque où les alertes sur la diminution des populations de volatiles étaient déjà lancées en France.

Trois milliards de volatiles en moins dans la nature selon les chercheurs de l'étude publiée dans Science. Aujourd'hui, une espèce sur huit dans le monde est menacée.

La disparition massive d’oiseaux en France. L’alerte nous est venue de haute montagne en 1970 : " Il reste peut-être une dizaine de couple de gypaètes, il reste moins d’une cinquantaine de couples royaux.

Jean-François Terrasse, Ornithologue : "C’est des chiffres absolument ridicules quand vous comparez ça avec la population, il y a plus de 50 millions d’hommes dans un pays comme la France et en face d’eux il y a même pas 50 couples d’aigles."

La cause première de la disparition de rapaces, à l’époque, c’est la chasse, mais déjà en 1970, un autre coupable est identifié : "L’action plus indirecte, c’est les pesticides qui prennent le relais." Les pesticides, ingérés par les insectes, mangés par les rongeurs, ensuite chassés par les oiseaux. L’empoisonnement par la chaîne alimentaire.

Les dégâts redoutés sont largement constatés dans les années 2000.  Au point de menacer la survie de certaines espèces. Exemple en 2009, avec l’outarde, une cousine de la perdrix, en déclin depuis 1984. 

Vincent Bretagnolle, directeur de recherche au CNRS : "l’effectif est passé de 7 500 mâles en France à moins de 300 aujourd’hui. C’est le déclin le plus spectaculaire à ma connaissance enregistré chez les oiseaux en Europe.

Les oiseaux des champs, mais aussi des villes. Le béton, le manque de végétation mais surtout la pollution… Dans les années 2000, les spécialistes parisiens alertaient sur la disparition du moineau dans la capitale.

Christian Galinet, Club nature environnement : " On a fait le calcul que c’était à peu près 4 500 moineaux qui disparaissaient par an. Si cette baisse continue, en 2050, on sera au même niveau que Londres, c’est-à-dire quasiment plus aucun moineau à Paris."

Sans oublier les espèces marines, aussi touchées par la pollution. En Bretagne par exemple, le macareux a vu sa population chuter. Ils étaient 8 000 couples en France dans les années 50, il en restait 130 en 2017. 

Gilles Bentz de la Ligue pour la protection des oiseaux : "Ça s’est accéléré avec une marée noire, il y en a eu d’autres, bien sûr mais il y a aussi un déclin de cette population qui semble inexorable de cette colonie qui est la dernière de France métropolitaine.

Le macareux pourrait disparaître comme une espèce d’oiseaux sur 8 dans le monde (source : Birdlife International 2018).

En parallèle, une note d’optimisme : 25 espèces d'oiseaux ont pu être sauvées de l'extinction grâce à des mesures de conservation (source : Birdlife International 2018).

Rédaction Ina le 20/09/2019 à 10:12.
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