Depuis 20 ans…

Début des années 80. Dans les fêtes de quartier, les DJ font chauffer les platines, les danseurs inventent le break dance, les rappeurs crachent la misère de la banlieue et les premières bandes de tagueurs donnent de la couleur aux murs gris. Le mouvement hip hop est né.
Années 2000, la culture hip hop bat son plein. Festivals de danse, stars du rap et émergence du slam : seul le graffiti fait encore office de cas particulier. Issu du tag, enrichi de lettres épaissies, colorées, de formes abstraites ou de personnages, il a été introduit dans l'hexagone voilà vingt ans. Aujourd'hui il divise.

Encore trop d'idées reçues

Actes de vandalisme ou vraies œuvres d'art ? Certains publicitaires voire institutionnels ont recours à cette forme d'art visuel encore trop méconnue. Marko est « kalligrapher ». Sa particularité : peindre avec la lumière. Et si possible sur des corps. Sa base : le graffiti. « La culture urbaine, ce n'est pas encore évident pour tout le monde », explique-t-il. « Prenons le monde de la peinture et des galeries par exemple. Certaines personnes de ce milieu ne prennent pas les graffitis au sérieux. Mais heureusement, les générations passent et les trentenaires d'aujourd'hui sont ceux qui ont grandi avec le graffiti. Ils ont moins d'idées reçues dessus. »

La vitrine de la Villette

Aussi, en cette fin d'octobre, hip hop, théâtre, musique, slam et graff ont trouvé leur maison… et leur public. Du 24 octobre au 4 novembre, la Halle de la Villette fraîchement rénovée reçoit les 11e Rencontres de la Villette. A la fois véritable vitrine et formidable tremplin, cette manifestation met en valeur les expériences artistiques issues des cultures urbaines. Marko semble satisfait de l'événement : « Les Rencontres, c'est un événement carré, bien organisé qui draine des gens d'un peu partout, qu'on n'aurait pas forcément été amené à rencontrer dans son parcours solo. »

De l'underground à la dénonciation

« Il n'y a pas assez de rendez-vous semblables organisés dans de bonnes conditions, c'est-à-dire professionnels, avec une bonne visibilité. J'ai commencé avec beaucoup de rencontres amateurs et souvent le graffiti était considéré comme la dernière roue du carrosse. On nous installait dans un coin, avec quelques planches, mal éclairés ».
Aujourd'hui, beaucoup de graffiteurs ont dévié vers la création numérique ou vidéo. « Maintenant, certains vous diront que c'est une discipline un peu à la traîne, et d'autres affirmeront que c'est très bien comme ça, que le graffiti doit rester underground » conclut le kalligrapher.
Pour autant, les Rencontres de la Villette donnent la parole à ces artistes et à tous les autres, sur des thèmes tels que les violences urbaines, la condition féminine, le racisme ou l'homophobie. Les cultures urbaines font passer le message. Elles s'affirment. Pour le plus grand plaisir du public.

Rédaction Ina le 27/10/2007 à 00:00. Dernière mise à jour le 10/04/2015 à 17:51.
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