Dans un entretien à Valeurs Actuelles, Emmanuel Macron a abordé les termes de l'immigration et du communautarisme. En 2016, le magazine "Complément d'Enquête" de France 2 consacrait un reportage à l'hebdomadaire qui assumait pleinement sa ligne ultra-droitière.

« Tête à tête avec Macron » Voici le titre du magazine hebdomadaire de Valeurs actuelles suite à l’interview du Président de la République. C’est la première fois qu’un chef d’Etat français en exercice accorde un entretien à l’hebdo classé ultra conservateur.

En 2016, le magazine d’investigation de France 2 « Complément d’Enquête » consacrait un reportage de 16 minutes au magazine. Les images commencent par l’inauguration de nouveaux locaux dans le 16ème arrondissement de Paris. A cette occasion, une nouvelle formule de l’hebdo était présentée. "Valeurs actuelles s'affiche comme le porte-voix d'une droite dure, décomplexée", annonçait le journaliste de « Complément d’Enquête ». Une ligne éditoriale clairement assumée par le magazine. "Notre but, c'est de continuer à gagner du terrain à la fois parce que nous sommes une entreprise mais aussi parce que nous sommes un magazine engagé et nos idées gagnent du terrain." expliquait Yves De Kerdrel, directeur général du groupe Valmonde, propriétaire du magazine. "On ne traite pas les sujets de manière neutre, on explique quels sont les enjeux politiques et idéologiques du moment et on s'empare aussi des sujets qui font le plus mal. La polémique sur le burkini, tout le monde en parle mais on est les seuls à faire une couverture là-dessus", ajoutait Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction.

Le documentaire interroge Tugdual Denis, ancien journaliste de l'Express et fraîchement arrivé à Valeurs actuelles : "C'est plus compliqué d'arriver dans un dîner et de dire que tu bosses à Valeurs actuelles plutôt qu'à l'Express. En revanche, c'est une plus petite équipe donc tu peux plus participer au laboratoire journalistique."

Les couvertures, la marque de fabrique de l'hebdomadaire

Le magazine est également connu pour ses couvertures provocatrices sur l'Islam et l'identité française qui serait menacée. En 2015, il avait été condamné en appel à 2000 euros d’amende pour provocation à la discrimination, la haine ou la violence par le tribunal correctionnel de Paris après avoir sorti un dossier intitulé "Roms, l'overdose".

Les reporters de « Complément d’Enquête » se sont glissés dans un dîner-débat très mondain organisé par « Valeurs actuelles » au bois de Boulogne en 2016. Le prix d’entrée était de 135 euros et seules 500 personnes étaient conviées. Parmi elles, Nicolas Sarkozy. L'ancien président de la république prenait la parole avec ces phrases chocs : "Je ne classe pas les civilisations, mais quand même. Si on veut que sa fille soit intégralement couverte de tissus, il y a des pays pour ça. Si on est énervé parce que sa femme conduit une voiture, il y a des pays où les femmes n'ont pas le droit de conduire. Si on est gêné d'être dans une piscine à côté d'une femme représentant la tentation suprême, on ne demande pas de devenir français et on ne vit pas en France parce que chez nous on ne vit pas comme cela." Interrogé par l'équipe du magazine d’investigation après le débat, Nicolas Sarkozy n'a pas voulu répondre.

A cette soirée, il y avait aussi Eloi Vancappel, élu municipal d'Oxelaëre dans le Nord, désolé de voir son église tombée en ruines : "Ici, c'est un lieu de vie indispensable. Ce sont nos valeurs, nos traditions, nos parents, nos grands-parents. [...] Ce sont des valeurs qui se perdent. Je suis persuadé que dans 20 ou 30 ans, les musulmans auront de l'argent pour faire de superbes mosquées et que la France n'en aura plus pour ses églises. Vous allez voir, c'est sûr et certain."

Jérémie Gapin

Rédaction Ina le 31/10/2019 à 16:45.
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