Du Cantal à la capitale

Danièle Gilbert arrive un peu par hasard à la télévision. La jeune auvergnate se destinait au métier d’enseignante. Pour vaincre sa timidité elle prend des cours de théâtre puis débute dans une radio locale. Fin 1964, elle participe à un concours de speakerines à Clermont Ferrand. A sa grande surprise, les téléspectateurs l’élisent.

 Bal des speakerine, 1964

Au fil des mois, Danièle Gilbert prend de l’assurance, présente quelques flashs radio, effectue de petits reportages pour la télé locale et finit par présenter le journal télévisé régional.

 Reportage en 1966

Débuts d’animatrice à l’ORTF

La jeune journaliste effectue quelques essais infructueux pour l’ORTF. C’est sans compter sur l’œil averti de Max Favalelli en quête d’ une seconde présentatrice pour son émission baptisée « Sept et deux ». Il repère son visage dans les rushs et l’engage. Elle quitte Chamallières pour la capitale. Sa carrière est lancée.

 Présentation de "Sept et deux", 1967

« Sept et deux » stoppe avec les évènements de Mai 68 mais l’animatrice enchaîne, dès la rentrée 68, avec un programme de divertissements diffusé tous les midis, même le samedi : « Midi magazine ».

Reine de la tranche horaire du midi

L’émission cherche ses marques plusieurs semaines puis décolle avec l’arrivée aux côtés de Danièle Gilbert d’un homme de radio à l’âme de saltimbanque : Jacques Martin. Le duo fonctionne à merveille : un présentateur taquin face à une animatrice timorée mais qui n’a pas sa langue dans sa poche. C’est le succès, l’émission va durer 3 ans.

 Sketch 1970

C’est à cette époque que l’animatrice hérite du surnom qui ne la quittera plus : « La Grande Duduche », en référence au personnage éponyme du dessinateur Cabu, à qui elle ressemble (d'après Jacques Martin).

Jusqu’en janvier 1982, Danièle Gilbert assure la présentation de plusieurs magazines du midi : « Midi magazine », « Télé Midi 72 », « Midi Trente » et enfin « Midi Première ». Elle renouvelle cette tranche et n’hésite pas à payer de sa personne, comme ici en 1979, à Tignes, lorsqu’elle débute l’émission en arrivant en deltaplane.

 Arrivée en deltaplane

En près de 20 ans de direct, elle fait face avec brio à de nombreux imprévus et s’adapte à des invités toujours pleins de surprises. En décembre 1981, Line Renaud et Loulou Gasté débarquent sur le plateau avec un jour d’avance, sans savoir qu'ils sont à l'antenne.

Elle reçoit les plus grandes stars mais aussi des hommes politiques. Valéry Giscard d’Estaing vient à plusieurs reprises sur son plateau et la reçoit même à l’Elysée en 1975.

 Dans les jardins de l'Elysée le 17 juillet 1975

Ses accointances politiques avec la droite lui valent sans doute son éviction du petit écran après l’élection de François Mitterrand en 1981.

C’est avec émotion qu’elle fait ses adieux aux téléspectateurs après 17 ans d’antenne quotidienne.

 Adieux aux téléspectateurs le 31 décembre 1981

Rebondir après la télé

L’animatrice ne reviendra jamais sur le devant de la scène. Elle fait quelques apparitions ponctuelles à la télé, notamment avec la présentation de « La bonne humeur » en 1997, sur Paris Ile de France.

Quelques tentatives sur Europe 1 et RMC avorteront elles aussi.

Désormais, Danièle Gilbert écrit, joue au théâtre, réalise quelques animations en grandes surfaces. 

Elle réapparait ponctuellement sur nos écrans, en 2004 dans la « Ferme célébrités » ou récemment dans un docu-fiction de France 2 intitulé « Le jour où tout a basculé ».

En 2011, elle présente le projet de spectacle inspiré de son émission "Midi première" dans le 13H00 de France 3.

« La grande Duduche » reste aujourd’hui encore une personnalité emblématique du PAF, toujours très appréciée des téléspectateurs.

Rédaction Ina le 11/03/2013 à 17:09. Dernière mise à jour le 11/04/2015 à 11:49.
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