Didier Deschamps est le 1er des Français

« Et un… et deux… et trois… Zéro ! » Le 12 juillet 1998, toute la France a cette rengaine en tête. Il est environ 22h40 et l'équipe tricolore de football vient de remporter la finale de la coupe du monde face au Brésil.
Organisatrice de la compétition, la France s'est qualifiée pour la première fois de son histoire pour une finale mondiale. Un doublé de Zinedine Zidane, un but improbable d'Emmanuel Petit, défenseur. Et le capitaine Didier Deschamps devient, à l'issue des 90 minutes de jeu, le premier Français à soulever le précieux trophée.

« Redonner du bonheur »

Dans la rue, la foule déferle. Les portraits des 22 champions sont projetés sur l'Arc de Triomphe à Paris et tout le monde s'est donné rendez-vous sur les Champs-Elysées. Le pays connaît alors une belle période d'allégresse. Certains n'hésitent pas même à comparer cette ferveur à celle qui a succédé à la Libération en 1945. Mais aujourd'hui, dix ans après cet « exploit », que reste-t-il de la folie tricolore ?
En 2008, dix aprés la victoire, les 22 joueurs d'Aimé Jacquet reviennent pour l'occasion sur le terrain
« On a tellement été soutenu il y a 10 ans, que là on a envie de redonner du bonheur aux gens », affirme Henri Emile, membre de l'encadrement de l'équipe de France. Seul Emmanuel Petit manquera à l'appel, pour des raisons personnelles.

Et la France black blanc beur ?

« On a juste pensé qu'on avait rendu les gens heureux. Ils étaient tous dans la rue, quelle que soit leur couleur », ajoute de son côté Aimé Jacquet, le sélectionneur des Bleus victorieux. Au lendemain de la fête, le pays voit en effet émerger une nouvelle vague : la « France black blanc beur », un nom qui trouve son origine dans la mixité des tricolores. France multiculturelle devient alors synonyme de France qui gagne. Mais à l'heure où le football connaît de plus en plus d'attaques racistes, les spécialistes se demandent si cette euphorie black blanc beur n'est pas en passe de devenir, elle aussi, un beau souvenir…

Un football décomplexé

Pourtant, grâce à l' « après 98 », le football s'est décomplexé. Il n'est plus une affaire d'hommes : les femmes sont de plus en plus nombreuses à suivre les rencontres importantes. Le championnat national profite, lui, du phénomène pour davantage remplir ses gradins. Alors ? Recréer le rendez-vous pour booster à nouveau le moral de Français nostalgiques ? Retrouver un sentiment de cohésion ? Pourquoi pas, surtout après la décevante prestation de l'Euro 2008… Les Français ont pris rendez-vous avec ces Bleus qu'ils ont tant aimés : ils ont écoulé quelque 70 000 places pour le match des dix ans au Stade de France.

Rédaction Ina le 10/07/2008 à 00:00. Dernière mise à jour le 10/04/2015 à 18:01.
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