Le palais Galliera consacre pour la réouverture de son musée de la mode une exposition consacrée à l'une des légendes de la haute-couture française, Gabrielle Chanel. Plus connue sous le surnom de Coco Chanel, elle a révolutionné la garde-robe féminine. Mieux, elle a rendu sa liberté au corps féminin ! Retour en vidéos sur le parcours de cette créatrice unique disparue le 10 janvier 1971.

Ne pas se sentir déguisée

Permettre aux femmes de bouger aisément, de ne pas se sentir déguisée : pour Coco Chanel, ce pari était le plus difficile de son métier. Pourtant, la créatrice de mode reste dans les mémoires comme celle qui a insufflé un vent de folie dans les tenues féminines : « j'ai rendu au corps des femmes sa liberté ; ce corps suait dans des habits de parade, sous les dentelles, les corsets, les dessous, le rembourrage », expliquait-elle. Cette femme de tête s'est forgé un fort caractère dès son enfance : née de son vrai nom Gabrielle Bonheur Chanel le 19 août 1883, elle est issue d'une famille modeste. Très jeune, elle perd sa mère et son père l'abandonne pour faire fortune aux Etats-Unis. A 12 ans, elle grandit dans un orphelinat, puis rejoint un couvent de chanoinesses qui lui apprennent le métier de couseuse. Déterminée, Gabrielle est portée par l'ambition de s'en sortir.

« Coco sur le Trocadéro »

Elle se met à rêver de music-hall et pousse la chansonnette dans des cafés-concerts. Son titre fétiche ? « Qui qu'a vu Coco sur le Trocadéro ? » Les officiers présents dans la salle la surnomment alors  Coco : un nom qui ne la quittera plus. Puis la jeune femme se rend compte que c'est à travers la couture qu'elle pourra franchir les obstacles qui mènent à l'indépendance. Avec l'aide de son amant, l'anglais Arthur Capel (dit « Boy »), elle ouvre sa première boutique de chapeaux en 1909 à Paris, au 21 rue Cambon, près de la place Vendôme. Viendront ensuite celles de Deauville et de Biarritz. Coco Chanel assiste à tous les événement mondains en arborant fièrement ses propres réalisations : ainsi, elle séduit les élégantes avec des modèles avant-gardistes.

S'inspirer des sous-vêtements masculins

Elle raccourcit les jupes, supprime la taille : finis les corsets qui compriment le corps de la femme ! C'est cette « silhouette neuve » qui forgera sa réputation. Elle devient une des premières femmes à cheveux courts à créer des vêtements simples et pratiques. Mais surtout, elle sait s'accommoder avec brio des exigences de son temps. Durant la première guerre mondiale, par exemple, l'étoffe manquant, elle taille des robes dans le jersey des tricots de corps des soldats. Quelques années plus tard, elle édifie l'une des maisons de couture les importantes de l'époque : elle emploie plus de 300 ouvrières. Coco Chanel privilégie une simplicité soigneusement étudiée : le pyjama, à porter sur la plage comme en soirée, les premiers pantalons pour femmes, la jupe plissée courte, des cardigans à maille légère, les chapeaux cloches… Des tenues pratiques avant tout ! Puis en 1926, elle crée la petite robe noire (couleur jusqu'alors réservée exclusivement au deuil), fourreau droit sans col et à manche ¾ : un classique de la garde-robe féminine !

Le défi du « New look » de Dior

Parallèlement, Chanel est la première couturière à lancer ses propres parfums. Avec l'aide du nez Ernest Beaux qui conçoit N°5 (1921) et avec la famille de négociants Wertheimer, elle fait connaître son nom à travers le monde entier. A l'aube de la seconde guerre mondiale, elle ferme subitement sa maison de couture et se consacre uniquement à son activité dans le domaine des parfums. Il faudra attendra le début des années 50 et le « New look » de Christian Dior (fait d'une taille de guêpe et de balconnets), pour qu'elle accepte de rouvrir sa maison. Peu importe les tendances du moment, Coco Chanel garde sa ligne bien à elle et renoue avec le succès grâce à des pièces devenues emblématiques, comme le tailleur en tweed, décoré de boutons-bijoux et orné d'une ganse de couleur. C'est ainsi que, jusqu'à l'âge de 87 ans, Coco Chanel travaillera, encore et encore. Les défilés se succèdent invariablement dans les salons du 31 rue Cambon, où la créatrice reste assise sur les marches de l'escalier qui mènent à l'étage supérieur. Grâce aux miroirs qui tapissent les parois du mur, elle peut ainsi observer les réactions de ses clientes. Jusqu'au bout, elle conservera cette volonté de tout contrôler : une volonté de fer dans une veste de velours.

Rédaction Ina le 17/04/2009 à 00:00. Dernière mise à jour le 30/09/2020 à 13:48.
Mode et design