Charles Vanel nous a quittés le 15 avril 1984. Acteur de théâtre, il rejoindra le cinéma par hasard pour ne plus le quitter. En 1963, déjà décrit comme un "monstre sacré du 7ème art", il évoquait sa vision du cinéma en toute simplicité. 

Le 2 novembre 1963, à l'occasion de la sortie du film Symphonie pour un massacre de Jacques Deray, Charles Vanel accordait une interview à l'émission Merci d'être venu. Charles Vanel revenait sur l'évolution du cinéma et du métier d'acteur qu'il pratiquait déjà depuis près de soixante ans. A cette époque, lui qui a débuté sa carrière au temps du muet, en 1908, affiche déjà 200 films dans sa filmographie ! Au journaliste qui lui demande si l'évolution des techniques peut permettre au comédien d'exprimer plus de sentiments et d'émotions humaines qu'au temps du muet, il répond : "Oui et non. Les moyens sont certainement beaucoup plus perfectionnés et aident. Mais d'autre part, la technique empêche le comédien d'être absolument libre et débarrassé de tout ce qui l'entoure. Alors, ça a son bon et son mauvais côté. " 

Le journaliste rappelle qu'il a débuté sa carrière au théâtre et lui demande si maintenant qu'il se consacre entièrement au cinéma, la chaleur du public ne lui manque pas ? Il confirme que le public manque beaucoup au cinéma et ajoute qu'à l'écran : "il vaut mieux vivre un personnage." Il partage une phrase-clé que l'acteur Firmin Gémier lui avait dite autrefois : "Il faut penser CE que tu dis et pas A CE que tu dis."

A propos des jeunes comédiens, Charles Vanel explique que ses relations sont les mêmes avec les jeunes ou les vieux acteurs : "Ça n'a jamais changé, il y a toujours eu des vieux et des jeunes au cinéma. Ça dépend de la mentalité et du talent des jeunes. Avec Belmondo et Rochefort [avec qui il venait de tourner Symphonie pour un massacre], par exemple, ça va tout seul. Ce sont de vrais acteurs !"

Quant à l'avenir du cinéma, il constate une crise mais souligne que : "la crise existe mais elle ne vient pas du tout du côté artistique et technique. C'est une crise économique."

Pour aller plus loin

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Photo prise sur le tournage de l'émission Visage du cinéma : Charles Vanel (29 septembre 1970, photo ina)

Festival de Cannes : Le salaire de la peur. Au festival de Cannes, interview du réalisateur Henri Georges Clouzot sur l’âpreté de son film et d'Yves Montand et Charles Vanel, les deux acteurs en titre, qui s'expriment sur leur rôle respectif. Charles Vanel évoque la difficulté à jouer le sentiment de la peur pendant tout un film. "C'est l'un des rôles les plus durs de ma carrière. Chaque séquence était un bain de douleur". (Audio, 1er avril 1953) 

Jacques Médecin, maire de Nice, remet à Charles Vanel, Niçois d'adoption, la médaille d'or de la ville de Nice. La notion de "monstre sacré"; Le salaire de la peur, la retraite à 65 ans… (Côte d'Azur Actualités, 3 décembre 1976) 

Pour le cinéma : Charles Vanel, 70 ans de carrière. Charles Vanel raconte pourquoi il a arrêté le théâtre après une brouille avec l'écrivain Henry Bataille qui ne voulait pas travailler avec un comédien syndiqué. (15 mars 1978) 

Charles Vanel, 86 ans,  à propos de Comme un boomerang de José Giovanni (Soir 3, 27 novembre 1978) 

Toute notre offre sur Charles Vanel 

 

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Photo prise lors du tournage du téléfilm de Maurice Cazeneuve La Séparation. (1967, photo ina)

Florence Dartois

Rédaction Ina le 11/04/2019 à 17:59. Dernière mise à jour le 11/04/2019 à 18:04.
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