Brassens ou la liberté

Poète facétieux et engagé, Georges Brassens s'éteignait il y a 30 ans, le 29 octobre 1981. Retour en images et en musique sur le parcours d'un des piliers de la chanson française.
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Une vibration intérieure

La musique pour Georges Brassens ? « Une sorte de vibration intérieure, quelque chose d'intense, un plaisir qui relève d'une certaine sensualité… » Et cette passion semble l'avoir contaminé dès l'enfance. La maison de Sète, où il naît le 22 octobre 1921, abrite en effet une mère « militante de la chanson » - comme il aime à la décrire - et passionnée par les ritournelles napolitaines de ses origines, et un père qui ne cesse de fredonner un petit air… La musique, et plus particulièrement celle de Charles Trenet et de Tino Rossi, ainsi que sa passion pour la poésie empiètent largement sur son travail scolaire.

Mauvaise réputation

Impliqué avec quelques copains dans une petite affaire de vol (« Pour offrir aux filles des fleurs, nous nous fîmes un peu voleurs », confiera-t-il dans « Les quatre bacheliers »), il est renvoyé de son lycée et doit quitter la ville de Sète à cause de sa « Mauvaise réputation » (ndlr : l'une des premières chansons qu'il écrira). Georges Brassens s'installe donc à Paris en 1940, où il est hébergé par sa tante dans le 14e arrondissement, et se fait embaucher comme ouvrier à l'usine Renault. Mais en 1943, le jeune homme est réquisitionné par le Service du travail obligatoire (STO) puis envoyé à Basdorf en Allemagne.

L'amitié : une valeur essentielle

En 1944, profitant d'une courte permission, il décide de ne plus retourner en Allemagne et se cache chez un couple d'amis parisiens. Georges Brassens, qui restera dans cette petite maison sans confort pendant 22 ans, les honorera de ce geste dans deux chansons : « La cane de Jeanne », pour son hôtesse et « Chanson pour l'Auvergnat » en hommage à son mari Marcel. L'amitié constitue pour lui une valeur essentielle : il s'agit du « seul (bateau) qu'ait tenu le coup, qui n'ai jamais viré de bord », comme il l'écrit dans « Les copains d'abord ».

La notoriété, à plus de 30 ans

La seconde guerre mondiale terminée, le déserteur n'est plus obligé de se cacher et tente alors sa chance comme musicien. Il se produit dans plusieurs petits cabarets de la capitale… sans succès. Un jour, pourtant, son chemin croise celui de la chanteuse Patachou. Séduite par la liberté de son verbe, la vedette lui fait rencontrer le producteur Jacques Canetti en 1953. Cet éminent découvreur de talent, qui a déjà propulsé sur le devant de la scène Jacques Brel ou Edith Piaf, décide de le prendre sous son aile et lui ouvre les portes des plus grandes salles de spectacle, de Bobino à l'Olympia. Quelques mois plus tard, Georges Brassens est devenu une star internationale et se produit dans toute l'Europe ainsi qu'en Afrique du Nord.

Des textes engagés

Dès lors, le succès se confirme d'année en année. Le public, inconditionnel, est conquis par ses chansons poétiques et irrévérencieuses, dans lesquelles il n'hésite pas à brocarder la société qui l'entoure. Membre (provisoire) de la Fédération anarchiste, il utilise souvent ses chansons pour faire part de ses idées politiques, comme son désaccord avec la peine de mort dans « Gare au gorille » ou son antimilitarisme (« Mourir pour ses idées »). Musicalement, si tous ses textes sont accompagnés d'accords de guitare sèche, il les compose d'abord en scandant de la main le rythme sur un coin de table. Ce n'est que pour l'interprétation que le musicien se sert de sa célèbre guitare Favino. A la fin des années 70, sa santé commence à décliner. Pendant l'été 1981, au plus mal, il trouve encore la force de retourner à Sète, où il meurt le 29 octobre. Sa « Supplique pour être enterré à la plage de Sète » (du nom d'une de ses chansons), n'a pas vraiment été exaucée, puisque Georges Brassens repose non pas au cimetière marin de la ville, mais à celui du Py, surnommé « le cimetière des pauvres »…

Rédaction Ina le 29/10/2006 à 00:00. Dernière mise à jour le 24/10/2016 à 15:35.
Musique