Naissance du phénomène Bollywood

Plusieurs milliards de spectateurs, plus de 1000 films produits tous les ans. Des sagas aux décors somptueux, des héros d’une beauté insolente, des mélos incroyables. Le tout dansé et chanté en version 100% kitsch. Bienvenue à Bollywood, contraction d’Hollywood et de Bombay, où se trouvent les studios du cinéma indien.

Le public Occidental découvre le cinéma indien en 2002 avec la sortie du film « Devdas » du réalisateur Sanjay Leela Bhansali avec Shah Rukh Khan et Aishwarya Rai, une ancienne miss Monde. En mai 2002, toute l’équipe du film monte les marches de Cannes. C’est le 1er film indien à être présenté dans le célèbre festival de cinéma français.

Sortie de Devdas en France en 2003

« Devdas » est une super production de trois heures, à la démesure du cinéma indien. Une passion tragique à la Roméo et Juliette relatant les amours contrariés entre un riche prince et une jeune-fille de classe inférieure. Émotion, luxe inouï, chorégraphies envoûtantes. Le public Français reste pantois et en redemande. Le phénomène Bollywood est né.

L’année suivante, Cannes met à l’honneur le cinéma indien. La croisette prend des allures de palais de Maharadja. L’icône bollywoodienne Aishwarya Rai est membre du jury et provoque l’émeute sur le tapis rouge.

Le cinéma indien à l’honneur, 2003

Le cinéma indien à la conquête du monde

Le cinéma Bollywoodien est déjà très populaire en Asie et en Afrique mais il vise désormais l’Occident. La conquête du marché occidental débute avec la sortie du film « Coup de foudre à Bollywood ». L’histoire s’inspire du roman anglais de Jane Austen « Orgueil et préjugés ». Il se joue entièrement en anglais. Le coup d’essai est un coup de maître. Le triomphe est immédiat. Les fans conquis.

Sortie de Coup de foudre à Bollywood, 22 décembre 2004

Bollywood intrigue, la Mecque du cinéma indien fait rêver plus d’un producteur. Les acteurs indiens sont désormais des méga-stars adulées.

Comment fonctionne cette industrie cinématographique ?

L’industrie Bollywoodienne, 2004

La folie Bollywood

Pari gagné. Bollywood envoûte les européens. L’industrie musicale surfe à son tour sur la vague indienne. En 2004, un Français devient une star en Inde. Son nom Pascal Heni alias Pascal of Bollywood. Chanteur méconnu ici, il apprend l’Hindi, s’envole pour l’Inde et y devient une star. Le 25 décembre 2004, le 20 heures de France 2 lui consacre un sujet.

Pascal of Bollywood

Le phénomène est tel que des cours de danse indienne ouvrent leurs portes un peu partout. Ils ne désemplissent pas. Les Françaises veulent elles aussi ressembler aux beautés indiennes et vivre leur part de rêve.

Cours de danse indienne, 2004

La déferlante bollywoodienne s’amplifie encore avec le succès phénoménal de la comédie musicale « Bharati ». C’est l’un des plus gros succès de l’année 2006. On y retrouve les mêmes ingrédients : chants lascifs, danses rythmées, comédiens magnifiques, histoire d’amour impossible.

Comédie musicale Bharati, 2006

En avril 2006, Paris organise son festival de cinéma Bollywood. Les plus grands acteurs indiens se sont déplacés pour l’occasion. L’hystérie de milliers de fans est à son comble. Habitué de cette ambiance électrique, la star masculine Shah Rukh Kahn confirme qu’en Inde « les comédiens sont considérés comme des demi-dieux » et « qu’on leur érige même des temples ».

Festival de cinéma indien de Paris, 28/04/2006

Une entreprise bien rôdée

En Inde, le cinéma est une industrie bien rôdée. Les studios attirent des milliers de curieux émerveillés.

 Visite du studio de Ramoji, 2009

Si vous passez vos vacances à Bombay, vous aurez peut-être la chance d’être recruté comme figurant européen pour une journée de tournage.

Les figurants du cinéma, 2009

Qui dit industrie dit rendement. Les premiers à pâtir de l’intensification de la production cinématographique indienne : les créateurs d’affiches. Longtemps peintes à la main, ellse sont désormais remplacées par des posters géants.

Affiches peintes à la main, 2010

Autre évolution, pas toujours très appréciée des puristes : l’érotisation des films. Les classiques de Bollywood ont un charme suranné où le sentiment amoureux est suggéré plutôt que montré. Cela correspond à la pudeur indienne. Cependant, les temps changent. Pour conquérir de nouveaux marchés, les producteurs n’hésitent plus à montrer de vraies scènes torrides de baisers !

Extrait "d’Un oeil sur la planète", 2004

Bollywood est une usine à rêve et rien ne semble empêcher sa constante progression sur les écrans du monde entier.

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Rédaction Ina le 07/05/2013 à 13:57. Dernière mise à jour le 11/04/2015 à 10:22.
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