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Un projet pharaonique

1989. François Mitterrand lance son grand projet de bibliothèque nationale qui regrouperait les ouvrages dispersés sur sept sites organisés autour de la rue Richelieu dans le 2e arrondissement de Paris. L'ensemble des collections conserve alors environ 40 millions de documents. La volonté du président est également d'ouvrir ce sanctuaire de la connaissance, non plus aux seuls chercheurs, mais avant tout au grand public.

Des fonds colossaux

Grâce au dépôt légal, institué par François 1er en 1537, et aux acquisitions, les fonds de la Bibliothèque nationale s'accroissent d'environ 670 000 documents par an, ce qui en fait l'une des plus grandes bibliothèques au monde. Soit 14 millions de livres et d’imprimés.

Outre des livres imprimés, ses collections comprennent également plusieurs millions de périodiques, environ 250 000 manuscrits, des cartes, estampes, photographies, partitions, monnaies, médailles, documents sonores, vidéos, multimédias, numériques, mais également des objets, décors et costumes, etc.

Lancement du projet

En 1989, alors que 4 sites sont envisagés, c'est finalement l'ancienne gare de marchandises SNCF de Tolbiac, donnée par la ville de Paris, qui est choisie.

En avril 1989, la convention de lancement du projet est signée.

Un concours d'architectes est lancé. Parmi les 250 projets proposés, c'est Dominique Perrault, 36 ans, qui remporte les suffrages : quatre tours de verre, encadrant un jardin sur une large esplanade en bord de Seine.

1991. Une page d'histoire se tourne avec la signature d'une convention de transfert entre Emmanuel Leroy-Ladurie, à la tête de l'ancienne Bibliothèque nationale et Dominique Jamet, le nouveau président de la future TGB (Très Grande Bibliothèque).

La polémique

Octobre 1991. Une polémique ralentit le chantier : 400 intellectuels signent une pétition dans laquelle ils dénoncent le mode de stockage qui pourrait mettre en péril les livres précieux. Les tours de verre, hautes de 96 m, au cœur du projet architectural de Perrault sont pointées du doigt.

L'année suivante, au cours d'une conférence de presse, Jack Lang présente les modifications du projet. Les livres seront stockés dans le socle de la structure et non plus en haut des tours.

Un jardin extraordinaire

Le jardin intérieur prend forme au centre de l'édifice. Ce sera un sanctuaire, interdit au public, un espace de respiration et de lumière. Il est conçu comme un poumon de verdure dans un océan de verre et d'acier, de la taille du jardin du Palais Royal. Une vraie prouesse technique.

Dominique Perrault présente le jardin. Il revient sur son concept de base "un parcours initiatique".

Quelques jours avant l'inauguration, la mini-forêt est prête.

L'inauguration

Le 30 mars 1995, le président François Mitterrand inaugure son grand projet. Retour sur des années de travaux.

14 décembre 1996. Les salles de lecture capables d'accueillir 1600 personnes ouvrent en avant-première. Une nouveauté car l'ancienne bibliothèque était réservée aux seuls chercheurs. Visite.

Claude Sarraute découvre les lieux et s'émerveille de la section audiovisuelle.

La même année, le site accueille également l'Inathèque de France chargée alors du dépôt légal de la radio-télévision. Sa consultation est ouverte aux chercheurs. Elle offre alors 120 000 heures d'archives numérisées.

L'ouverture au public

20 décembre 1996. Ouverture au public. 1700 visiteurs se pressent dans le dédale des couloirs pour la 1ère fois. Avant d'accéder aux livres, il faut déchiffrer le plan. À l'intérieur : des salles de lecture en bois précieux, de la moquette moelleuse, l'informatique omni présente, un éclairage adapté, des sièges ergonomiques… tout est fait pour séduire le lecteur. La salle la plus visitée est celle du multimédia.

Août 1998. La bibliothèque Richelieu commence à déménager ses trésors vers sa jeune sœur. 10 millions d'ouvrages son con-voiturés par camions spéciaux. Une migration qui doit s'achever en janvier 1999. A Richelieu, resteront les manuscrits, estampes et photographies.

Octobre 1998. Cette fois, les lieux s'ouvrent aux chercheurs : 2000 places dans 14 salles en rez-de-jardin. Suivons les premiers pas de Jean-pierre Armengaud, musicologue.

Avant d'arriver sur la table de lecture, l'ouvrage suit un parcours long et complexe.

Rédaction Ina le 27/03/2015 à 10:58. Dernière mise à jour le 13/04/2015 à 10:27.
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