Benoît XVI

Redaction Ina le 21/02/2013 à 16:08. Dernière mise à jour le 11/04/2015 à 11:51.
Religion

Benoît XVI met fin à son pontificat aujourd'hui; une première dans l’histoire de l’Eglise moderne. Retour en images sur un pape au bilan mitigé.

  • De Joseph Ratzinger à Benoît XVI

Joseph Ratzinger naît le 16 avril 1927 en Allemagne dans un petit village de Bavière. Enfant, il subit la montée du national-socialisme et est enrôlé dans la jeunesse hitlérienne. Après la guerre, qu’il passe sur le front austro-hongrois, il suit des études de théologie jusqu’à  son ordination en 1951.

Attaché au dogme catholique, il poursuit sa formation et devient professeur de Théologie dans plusieurs universités allemandes. Il acquiert une solide réputation auprès de la curie romaine qui l’invite à participer à plusieurs sessions du Concile de Vatican II en tant qu’expert. A cette époque, il est perçu comme un réformateur.

Il est ensuite nommé archevêque puis cardinal de Munich en 1977. Quatre ans plus tard, Jean Paul II le charge de protéger le credo et la liturgie catholique au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Ses prises de positions radicales lui valent de vives critiques. Pour le théologien, l’Eglise est « une barque qui prend l’eau ». En 1984, il affirme que : « le diable existe réellement et ce n’est pas un symbole ». Le cardinal Ratzinger cherche un retour aux fondamentaux. Il condamne publiquement l’avortement,  l’ordination des femmes, le mariage des prêtres et l’homosexualité. Il se dit même favorable à la réintroduction du latin dans les moments forts de la messe.

 

  • Habemus Papam

Partisan d’une continuité de Jean Paul II et déjà très influent sur la doctrine de l’Eglise depuis plusieurs années, il est élu pape après 24 heures de Conclave. Le 19 avril 2005 Joseph Ratzinger apparaît au balcon de la place Saint Pierre sous le nom de Benoît XVI.

Le nouveau souverain pontife reçoit un accueil mitigé. Ses détracteurs voient en lui un homme exigeant et conservateur.

A l’inverse, l’Allemagne connait une véritable papamania. Des protestants se convertissent au catholicisme. Des touristes se rendent dans son village natal. Un viticulteur bavarois crée même un vin de messe pour les journées mondiales de la jeunesse à Cologne.

 

  • Des scandales à la chaine

La fête est de courte durée. Très vite le Vatican est rattrapé par une série de scandales. Son pontificat va être marqué par une série de tensions notamment avec les autres religions.

En 2006, il évoque dans un discours les liens entre Islam et violence et provoque la colère du monde musulman. Le pape tente d’éteindre la poudrière et se rend en Turquie pour sa 1ère visite en Terre d’Islam.

Le pape connait aussi des tensions avec la communauté juive lorsqu’il annonce son souhait de béatifier Pie XII, dont l’attitude face à la Shoah est largement critiquée.

En 2008, il est reçu par Georges W. Bush à la Maison Blanche juste après l’affaire des prêtres pédophiles qui entache l’Eglise américaine. Puis il lève en 2009 l’excommunication de plusieurs prêtres intégristes dont le négationniste Richard Williamson.

Le scandale vient aussi de l’intérieur du Saint Siège. La presse italienne révèle plusieurs affaires de corruption au sein du Vatican.  C’est le Vatileaks. A l’origine des fuites, le majordome du pape qui est jugé puis condamné en 2012.

  • La renonciation

Le 11 février 2013, Benoît XVI annonce qu’il renonce à sa charge. Sa démission ouvre la voix à un nouveau conclave pour désigner le 266ème pape. Progressiste ou conservateur, son successeur devra mener l’Eglise catholique dans un monde en perpétuelle évolution et prendre en compte dans ses choix les mutations de la société.