A 10h17 le 21 septembre 2001, près de Toulouse, une très violente explosion dans l'usine chimique AZF entraînait la mort de 31 personnes, dont 21 sur le site. Des milliers de personnes étaient blessées. Les premières images de la catastrophe ont été filmées par des journalistes de FR3 Toulouse, partis en moto vers le site d'AZF : une rocade recouverte d'une épaisse couche de poussière et de débris, des voitures immobilisées sur la chaussée et très abîmées, les gens qui errent sur la chaussée, certains sont blessés. Une vision d'apocalypse. 

Ce mardi 31 octobre, 16 ans plus tard, l'ancien directeur de l'usine chimique AZF a été condamné en appel à 15 mois de prison avec sursis pour "homicide involontaire" et la société exploitante, Grande Paroisse, à l'amende maximale. La cour d'appel de Paris a considéré que Serge Biechlin comme l'entreprise, poursuivie comme personne morale, étaient coupables de "fautes caractérisées" commises par "maladresse", "négligence" ou encore "manquement aux obligations de prudence". La société gestionnaire du site, aujourd'hui rasé, s'est vu infliger l'amende maximale de 225000 euros. Serge Biechlin, âgé de 72 ans, a aussi été condamné à 10000 euros d'amende.

La cour d'appel a par ailleurs rejeté la demande des parties civiles qui voulaient voir juger Total en même temps que sa filiale. Le groupe pétrolier, qui a rappelé avoir déboursé 2,5 milliards d'euros au titre de sa responsabilité civile, a donc échappé à toute poursuite pénale.

Lors du premier procès en 2009 à Toulouse, Serge Biechlin comme l'entreprise avaient été relaxés au bénéfice du doute. Ils avaient en revanche été lourdement condamnés en appel en 2012. Mais cette condamnation avait été annulée par la Cour de cassation pour défaut d'impartialité d'un magistrat.

Ce troisième procès n'a pas apporté de révélations, mais la décision de la justice était très attendue par les victimes. Comme les précédents, ce procès a vu s'affronter deux visions de la catastrophe. Les victimes - 2700 se sont constituées parties civiles - ont obtenu de la justice la validation du scénario d'une explosion due au déversement accidentel d'un produit chloré sur un tas de nitrate d'ammonium, rendu possible par une mauvaise gestion des déchets de cette usine classée Seveso 2. La défense avait au contraire avancé d'autres hypothèses: un acte terroriste, dans une ville comptant des foyers de radicalisation islamiste, dix jours après l'attaque contre les tours jumelles du World Trade Center, ou encore une explosion due à de très vieux résidus de poudre dans le sol.

A peine l'arrêt rendu, l'avocat de l'ex-directeur Serge Biechlin et de l'entreprise Grande Paroisse a annoncé un pourvoi en cassation.

Ina, avec AFP

Rédaction Ina le 31/10/2017 à 18:04. Dernière mise à jour le 31/10/2017 à 18:06.
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