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De l'armée à la politique

L’état de santé de l’ex-Premier ministre israélien Ariel Sharon, dans le coma depuis huit ans à la suite d'une attaque cérébrale, a empiré ces dernières heures. Il est désormais considéré comme «désespéré».

Ariel Sharon, Premier ministre d'Israël de 2001 à 2006, a mené une politique assidue de colonisation et ses actions contradictoires concernant une paix durable au Proche-Orient en ont fait une personnalité controversée. Ainsi se termine une carrière politique de longue date.
En effet, il n'est encore qu'un adolescent lorsque Ariel Sharon choisit de s'engager au sein de la Haganah, l'organisation juive d'autodéfense. Commandant de section dans l'armée en 1948, il prend part à la première guerre israélo-arabe. Etudiant en histoire, il crée et dirige l'Unité 101. Cette dernière sera accusée de représailles contre les Palestiniens.
De même, le nom d'Ariel Sharon aurait été cité lors d'accidents déplorables de la guerre de Suez en 1956. Malgré tout, Ariel Sharon poursuit sa carrière militaire.
Il rejoint les brigades blindées de l'armée israélienne, mais considérant que ses chances de devenir un jour chef d'état-major sont minces, il quitte l'armée en 1972. Il se tourne alors vers la politique.

Responsable des massacres de Sabra et Chatila ?

En 1973, Ariel Sharon est élu à la Knesset sur les listes du Likoud, puis en 1977, il devient le conseiller spécial du Premier ministre Yitzhak Rabin pour les questions de sécurité. Nommé ministre de l'Agriculture, Ariel Sharon applique sa politique de peuplement des colonies. Ministre de la Défense, il dirige ses troupes dans l'invasion du Liban en 1982. Accusé indirectement du massacre de Sabra et Chatila, il doit alors démissionner.

Après plusieurs mandats ministériels dans les années 1980 et 1990, il succède à Benjamin Netanyahou, en 1999, à la tête du Likoud. Ariel Sharon se présente aux élections du 6 février 2001. Il remporte 62,5 % des suffrages et devient ainsi Premier ministre.

Pour la création d'un Etat palestinien, mais…

Les discours populistes d'Ariel Sharon lui assurent une large audience parmi l'électorat de droite. L'homme politique conserve la confiance de son peuple, même si ses efforts pour une paix durable restent minces, voire nuls, comme c'est le cas lors de sa visite sur l'Esplanade des Mosquées. Ce geste, provocateur, marquera le début de la seconde Intifada.
Ariel Sharon demeure en effet convaincu de l'hostilité des Palestiniens. Il n'hésite pas à faire preuve de sa force de frappe, notamment lors d'offensives brutales ou en envisageant la construction d'un mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie.
Approuvant la « feuille de route » rédigée par les Etats-Unis, l'Union Européenne, la Russie et l'Onu, Ariel Sharon s'engage cependant, en 2003, à la création d'un Etat palestinien. Il n'est par contre pas question d'accorder le droit au retour des réfugiés palestiniens en Israël. Les faibles espoirs de paix partent en fumée et les violences s'amplifient.

En 2005, Sharon met en œuvre le retrait israélien de la Bande de Gaza, soutenu par le président américain Georges W. Bush, et malgré l'opposition au sein de son propre parti. Initié en février 2004, le plan de désengagement est finalement entériné par la Knesset, en octobre 2004, grâce au soutien des travaillistes. Les derniers soldats israeliens quittent Gaza le 12 septembre 2005.

Un homme touché par la maladie

En novembre 2005, Ariel Sharon demande la dissolution du Parlement. Il crée un nouveau parti pour préparer les élections anticipées de 2006. Mais suite à son attaque cérébrale du 5 janvier 2006, il est remplacé par Ehud Olmert pour une durée de 100 jours.
Le 11 avril 2006, juste avant la fin de la période de gouvernance par intérim, Ariel Sharon est déclaré en état d'incapacité permanente. Ehud Olmert le remplace alors officiellement et prête serment le 16 avril 2006. Durant son coma prolongé de huit ans, le mystère reste entier autour de la santé de l'ancien dirigeant israélien. Ariel Sharon décède le 11 janvier 2014.

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Ariel Sharon en 1982

Rédaction Ina le 25/02/2008 à 00:00. Dernière mise à jour le 10/04/2015 à 16:16.
Proche et Moyen Orient