La française Stéphanie Frappart arbitre son premier match en Ligue 1 ce vendredi. L'occasion de s’intéresser à l’arbitrage féminin qui existe depuis les années 1960. A l’époque, il n’était pas pris au sérieux par les journalistes. Coup d’œil dans le rétro avec Laura Georges, secrétaire générale de la FFF.

Laura Georges, ancienne joueuse internationale en équipe de France est actuellement secrétaire générale de la Fédération Française de Football en charge de la promotion de l’arbitrage féminin.

Dans cette archive de 1967, Geneviève Lac, jeune arbitre de football, doit répondre aux questions machistes du journaliste. Quelle est votre réaction quand vous voyez cette vidéo ?

Laura Georges : Cette archive nous ramène à la vision qu’avaient les journalistes sur les femmes dans le sport. Les questions sont stéréotypées. Quand le journaliste demande comment devient-on femme arbitre, la question devrait simplement être : Comment devient-on arbitre ? Est-ce que ce n’est pas gênant d’arbitrer des hommes ? Ce sont clairement des stéréotypes. Ces gens n’avaient pas l’habitude de voir des femmes dans la pratique d’un sport. Ils n’y connaissaient pas grand-chose et s’interrogeaient. Voilà ce que les femmes subissaient quand elles faisaient un sport. Que ce soit arbitres ou joueuses, c’était ça ! 

Plus de 50 ans après, est-ce que c’est une archive qui pourrait être toujours d’actualité aujourd’hui ?

Non, on n’entend plus ces commentaires, ou alors je ne l’espère pas ! Je pense qu’on a bien évolué. Après, c’est rare d’avoir des arbitres femmes de haut niveau. Stéphanie Frappart a montré la voie, il y aussi Manuela Nicolosi (arbitre assistante en deuxième division). On a eu auparavant Corinne Lagrange mais aussi Nelly Viennot au très haut niveau. Le but, c’est de promouvoir et de développer l’arbitrage afin qu’il y ait de plus en plus de filles qui s’y mettent. Il faut pousser les joueuses et les arbitres afin de susciter des vocations.  

Dans cette archive, Geneviève Lac arbitre au niveau amateur. Est-il plus difficile d’arbitrer au niveau amateur que professionnel ?

On peut avoir des gens qui peuvent être très machos. On a de tout ! Le plus dur, c’est d’arbitrer au plus bas niveau car il n’y a pas vraiment de contrôle de l’arbitrage ni du public autour des matchs de football. Le public peut être plus virulent ou plus dur !

Portrait de Laura Georges en 2010

Jérémie Gapin

Rédaction Ina le 28/05/2019 à 17:20. Dernière mise à jour le 09/08/2019 à 09:50.
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