La ville de Nice a expérimenté un système de reconnaissance faciale lors de son carnaval. En 1999, cette technique balbutiante était présentée au salon Milipol consacré à la sécurité.

"Nous profitons de toute la période de carnaval pour expérimenter un système de reconnaissance faciale permettant d'identifier des personnes d'intérêt, qui pourraient être des personnes fichées par exemple et présentant un danger sur un événement de cette nature". Christian Estrosi, maire de Nice, souhaite utiliser cette technologie. Nice est l'une des villes de France avec le plus de caméras de vidéosurveillance par habitant (1 pour 145 habitants). La commission nationale informatique et libertés (Cnil) a autorisé l'expérimentation. Mais à la condition qu'elle soit basée sur le volontariat. Un millier de personnes se sont portées candidates et serviront de cobayes. Les opérateurs de vidéosurveillance disposaient de leurs photos afin de les repérer dans la foule. Une expérimentation contestée notamment par Patrick Allemand, conseiller municipal PS : "Ces techniques commerciales, c'est le pied dans la porte. On commence par une expérimentation sur 200 élèves volontaires au lycée des Eucalyptus, et on ne sait pas où ça va s'arrêter demain. Là c'est la même méthode."

La reconnaissance faciale est au cœur des préoccupations depuis plusieurs années. Aujourd'hui répandue, cette technique a fait son apparition dans les années 70, avant d'être développée dans les années 90. En 1999, une entreprise du nord de la France a mis au point le morpho-portier, une porte dotée d'une caméra et permettant de reconnaître certains visages. Ce procédé a un nom : la biométrie. Dans un reportage du journal de France 2, Gérard Larcher, directeur de la société Ab3s qui a mis au point cette porte, expliquait cette nouvelle technologie : "Tous les 4 jours, la machine et le programme tiennent compte du vieillissement du visage et de la morphologie. Il y a une adaptation et un rafraîchissement de la mémoire du système."

A la suite de cette expérimentation lors du carnaval de Nice, un rapport devra être remis à la Cnil dans les deux prochains mois.

                                                                                                         Jérémie Gapin

Rédaction Ina le 28/02/2019 à 15:29. Dernière mise à jour le 28/02/2019 à 16:42.
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