Littéraire

Nombre d'écrivains puisent leur inspiration dans leur enfance. André Malraux, lui, a réalisé ses œuvres et sa carrière grâce à sa soif d'action. Homme de toutes les luttes, il avoue ne pas aimer son enfance. Né en 1901, ses parents se séparent alors qu'il n'a que deux ans. Elevé par trois femmes (sa mère, sa grand-mère et sa tante), il grandit en fréquentant les bouquinistes, les cinémas, les théâtres… Il quitte très tôt l'école mais continue à développer ses connaissances littéraires. « Chineur » pour un libraire-éditeur parisien, il parvient à rejoindre les milieux artistiques de la capitale. Essai de théorie littéraire, comptes-rendus critiques et premières proses : à 20 ans, il signe ses premières œuvres.

Militant

Puis Malraux rencontre Clara Goldschmidt, riche héritière d'une famille allemande émigrée. Ensemble, ils se marient. Ensemble, ils partent pour l'Indochine. De mauvais placements en bourse ont dilapidé la fortune de l'épouse. Malraux décide alors de découper un bas-relief d'un temple khmer pour le revendre à un collectionneur. Mais le jeune homme est pris sur le fait et aussitôt emprisonné. Clara, elle, parvient à rentrer en France et réussira, en mobilisant une vingtaine de grands écrivains français, à faire libérer son mari.
 Quand André Malraux rentre en France, son combat est tout désigné. Cette expérience carcérale lui aura donné le goût de l'aventure et du combat en faveur de la liberté. L'écrivain retourne en Asie et fonde un journal, L'Indochine, pour dénoncer la politique colonialiste française. Le journal est rapidement réquisitionné, Malraux revient à Paris. Des idées plein la tête.
« La Tentation de l'Occident » (1926), « La Voie royale » (1930) et surtout « La Condition humaine » (prix Goncourt en 1933) : ces trois premiers romans révèlent un Malraux engagé.

André Malraux reçoit le prix Goncourt en 1933 pour « La Condition humaine »

Militaire

Dans les années 1930, devant la montée du fascisme, l'écrivain va jusqu'à s'investir personnellement. Il part pour l'Espagne où il rejoint les républicains. Il les aide à construire une escadrille qu'il commandera en tant que colonel jusqu'en 1937. De ces combats de la guerre civile espagnole, il fera un livre, « L'Espoir », (1937) puis un film : « Sierra de Teruel » (1939). Insatiable défenseur de la cause humaine, Malraux poursuit son engagement militaire en 1939.
 Blessé, prisonnier, évadé. André Malraux rejoint la résistance en 1943, sous le nom de « Colonel Berger ». En 1945, il rencontre le général De Gaulle. Un nouveau tournant dans sa vie.

Malraux et la fraternité en Espagne

André Malraux à propos de l'escadrille en Espagne

Les hommes en face de la mort

Esthète

Très vite, une grande admiration réciproque se crée entre Malraux et De Gaulle. Ils ne se quitteront plus. En 1959, sous la présidence gaulliste, Malraux devient ministre de la Culture. Un poste qu'il occupe jusqu'en 1969 et qui dévoile de lui une autre facette : l'esthète.
Initiateur des maisons des jeunes et de la culture, amis des peintres, il vise à rendre les arts accessibles à tous. Devenue une affaire administrée par l'Etat, la culture française bénéficie enfin de moyens budgétaires : rénovation des monuments parisiens, commandes du plafond de l'Odéon à André Masson, de l'Opéra à Marc Chagall, envoi de la Joconde de Vinci aux Etats-Unis, restauration du château de Versailles… « La culture… ce qui a fait de l'homme autre chose qu'un accident de l'univers », affirme le romancier humaniste.

André Malraux à Athènes en 1959 prononce un discours sur la culture française et ses racines antiques

En 1965, il évoque avec de Gaulle le rôle primordial de la culture

En 1964, le vibrant hommage d'André Malraux à Jean Moulin lors de son entrée au Panthéon

Voyager, écrire, s'intéresser au monde qui l'entoure : il poursuit sa réflexion sur la vie dans « Les Antimémoires », paru en 1967. En 1970, il publie « Les Chênes que l'on abat », en référence à son ami Charles De Gaulle.
André Malraux décède le 23 novembre 1976. « Aux grands hommes la patrie reconnaissante » : en 1996, la France lui rend un dernier hommage lors du transfert de ses cendres au Panthéon.

Ils ont dit de lui...

André Malraux a profondément marqué la vie politique et culturelle française. Ministre et compagnon de route de de Gaulle, il a noué de nombreuses amitiés avec ses contemporains. 

Henri Langlois souligne le rôle essentiel d'André Malraux dans la concrétisation du projet du musée du cinéma du palais de Chaillot

Françoise Giroud explique la passion pour la démocratisation de la culture de l'auteur de « La Condition humaine »

Raymond Aron revient sur son amitié pour André Malraux et sa femme Clara

Claude Santelli, réalisateur, évoque les moments privilégiés de ses longs entretiens avec André Malraux

Rédaction Ina le 18/11/2006 à 00:00. Dernière mise à jour le 23/11/2016 à 09:41.
Littérature Beaux Arts