3 décembre 1984 : des gaz toxiques s'échappent de l'usine de produits chimiques de Union Carbide à Bhopal. Plusieurs milliers de victimes périront dans cette catastrophe industrielle de première ampleur. Retour en vidéos.

Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984 une cuve de produits chimiques explose dans une usine de pesticides à Bhopal, 800.000 habitants, capitale du Madhya Pradesh, au centre de l’Inde. Des gaz toxiques s'échappent de l'usine de pesticides de Bhopal : l'UCIL (Union Carbide India Limited), l'un des premiers groupes chimiques américains. Plusieurs milliers de personnes - 3500 officiellement, 25 000 selon les associations de victimes - périront dans cette catastrophe industrielle de première ampleur.

Warren Anderson, le PDG d'Union Carbide, venu sur place se rendre compte des dégâts est arrêté, inculpé pour homicide par négligence industrielle, mais libéré dès le lendemain sous caution.

Playlist de 12 documents sur la catastrophe des 2 et 3 décembre 1984

Une catastrophe annoncée

L'enquête montre rapidement que l'accident était prévisible. Il est dû à des déficiences récurrentes du système de sécurité, connues mais dissimulées pour des motifs d'économie. Un premier incident s'était déjà produit le 21 octobre et l'usine tournait alors au ralenti. La fuite se déclenche finalement dans la nuit du 2 au 3 décembre. Un nuage mortel de 42 tonnes de gaz se répand sur plus de 25 kilomètres carrés. Ils causent l'asphyxie des habitants du bidonville de Khasi Camp où les populations les plus pauvres étaient entassées, et provoquent la mort de 3.800 personnes le 3 décembre, puis de 8.000 la première semaine, et de 25.000 personnes un peu plus tard, toujours dans d’atroces souffrances. Les télés du monde entier filme les agonies. Les médecins, mal informés de la nature exacte des ravages causés par le gaz, sont impuissants face à l'afflux de malades. Un exode massif s'organise. Ce sont 42 tonnes de gaz mortels qui s’échappent. 

En mars 1985, le président du groupe Union Carbide, Warren Anderson déclare au cours d'une conférence de presse : "Toute la responsabilité incombe au personnel indien qui a mélangé de l'eau avec du gaz".

Le procès

Construite en 1978, l'usine connaît des problèmes dès 1982 où sont détectées 10 déficiences importantes dans le système de sécurité. Cela n'empêchera pas les dirigeants de réduire le personnel qualifié pour faire face aux problèmes économiques. Après un procès qui se conclut par la condamnation de UCC et sa filiale UCIL à verser 470 millions de dollars d'indemnités, ce sont les responsables indiens qui ont été jugés et condamnés. Sept anciens salariés ont été condamnés à une peine de deux ans de prison et à une amende de 100000 roupies (2100 dollars). L'ancien président d'Union Carbide India a en outre écopé d'une amende de 500000 roupies (10600 dollars) pour négligence.

Les suites de la tragédie

Trois mois après la catastrophe Michel Honorin revient sur les lieux du drame. Enquête.

Huit ans après la catastrophe, le bilan écologique est dramatique et les habitants subissent toujours les conséquences de l'accident.

En 2004, vingt ans plus tard, l'usine de pesticides, d'où le gaz toxique s'était échappé, est à l'abandon. Le site est toujours pollué et les eaux contaminées. Des tonnes de produits toxiques sont encore entreposés à proximité d'un terrain de jeux et, les dispensaires dédiées aux victimes ne désemplissent pas.

Rédaction Ina le 07/06/2010 à 18:18. Dernière mise à jour le 28/11/2019 à 15:01.
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