Ce weekend, le journal Libération a publié des témoignages d'électeurs de gauche déclarant qu'ils ne voteraient pas pour Emmanuel Macron en 2022 pour faire barrage au FN. Un refus de répéter le geste barrage apparu en avril 2002.

Ce weekend, la Une de Libération renvoyait dos à dos Marine Le Pen et Emmanuel Macron, avec ce titre inquiétant "2022 : j'ai déjà fait barrage, cette fois ça suffit...". Derrière cette Une, le journal publiait des témoignages d'électeurs de gauche qui assuraient qu'en 2022, il n'avaient plus l'intention de faire barrage au RN de Marine Le Pen, si la seule offre électorale proposée était un duel Marine Le Pen-Emmanuel Macron. Un véritable danger pour la majorité car depuis avril 2002, il était devenu habituel de voter contre des idées du FN "quoi qu'il en coûte", même au prix de faire élire un candidat ne répondant pas à ses aspirations. Un consensus né en avril 2002, entre les deux tours de l'élection opposant Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen.

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                                                                                                                                           2002                                                                         2022

Le 28 avril 2002, en effet, d'énormes manifestations anti-FN avait été organisées partout en France et à Paris. Un appel à boycotter le FN et à voter "utile" avait été relayé par la presse, notamment Libération et par les partis politiques de gauche.

"j'appelle... à  voter blanc ou nul"

A l'époque, l'heure était globalement à l'unité sauf pour un parti. En tête du cortège parisien, Arlette Laguiller pour Lutte Ouvrière, n'appelait pas à voter Front national mais ne donnait pas non plus de blanc-seing à la droite : "je n'appelle pas d'abord à voter Le Pen, surtout et je demande aux travailleurs qui l'ont fait au premier tour de ne pas le faire au deuxième. Ensuite, je n'appelle pas à voter Chirac et je demande à mes camarades, à ceux qui me font confiance, et bien de voter blanc ou nul dans cette élection".

"C'est le moment de penser à la démocratie, à mon pays"

Mais le reste de la gauche affichait clairement sa détermination à faire barrage à Jean-Marie Le Pen. Bertrand Delanoë maire socialiste de Paris confirmait qu'il appelait à voter Jacques Chirac malgré les risques d'impopularité : "vous savez qu'il peut m'en coûter cher comme maire de Paris, mais ce n'est pas le moment de penser à ce qui coûte, c'est le moment de penser à la démocratie, à mon pays".

Même discours chez Jean-Luc Mélenchon alors membre du parti socialiste : "le 5 mai, il ne faut pas hésiter. Alors mettez des gants, des pinces ou ce que vous voulez mais votez, abaissez le plus bas possible Le Pen !".

"Le racisme est un affront national"

Dans le cortège de la Ligue Communiste Révolutionnaire, avec en tête Alain  Krivine, les pancartes parlaient d'elles-mêmes : "le racisme est un affront national." Dans la foule une manifestante brandissait fièrement la Une de Libération datée du 22 avril titrée "NON" sur la photo du leader du FN.

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Cette fois-ci, à 16 mois de la prochaine élection présidentielle, en relayant les paroles d’électeurs de gauche se déclarant trop déçus par le mandat en cours pour envisager de voter à nouveau pour le président sortant en 2022, Libération dresse certes un constat alarmant, mais souligne qu'il ne s'agit que de projections. La classe politique va-t-elle parvenir à redonner confiance à l'électorat de gauche ? Réponse en mai 2022.

Rédaction Ina le 01/03/2021 à 11:41. Dernière mise à jour le 01/03/2021 à 14:17.
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