Le  23 décembre 1973, le prix du pétrole augmentait de 112 % et le premier grand choc pétrolier de l'histoire secouait le monde. En France, les autorités mettaient en place un certain nombre de mesures visant à réaliser des économies d'énergie. Retour sur cette date clé.

"Je fais appel à l'esprit d'économie du peuple Français..."

Le 20 décembre, quelques jours avant l'annonce officielle du choc pétrolier, Georges Pompidou, alors Président de la République, s'adresse au Français pour les préparer à crise pétrolière. Il leur demande d’ores et déjà d'économiser l'énergie au cas où la crise perdurerait : "Si la pénurie de pétrole devait se prolonger pendant des mois et des années, tous les pays finiraient par en subir les conséquences directes ou indirectes. Le devoir du gouvernement est donc de se préparer à prendre des mesures sérieuses, graves... Je fais appel à l'esprit d'économie du peuple français. Économisons l'essence, l'électricité, le chauffage... et cela suffira à diminuer notre consommation..."       

 

Le 23 décembre, le couperet de l'OPEP tombe par la voix de son porte-parole, Abdelaziz Bouteflika, ministre algérien des Affaires Etrangères. Il annonce lors de la conférence au sommet d'Alger, l'augmentation de 112% du prix pétrole à la production. Il décrit le rôle du pétrole dans l'évolution des relations internationales ; le sacrifice des pays arabes au profit des pays sur-développés en ce qui concerne les matières premières. (Audio)

Cette crise avait pris racine deux mois avant le choc de décembre proprement dit, lorsqu'en pleine guerre du Kippour, en réponse à l'intervention américaine pro israélienne, les membres de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), réunis au Koweit, décidaient de fermer le robinet de l’or noir aux pays qui soutenaient Israël dans cette guerre. Voici quelques repères chronologiques.

L'OPEP augmente le prix du baril de pétrole

Les 16 et 17 octobre 1973, l'OPEP décide d’augmenter unilatéralement de 70 % le prix du baril de brut et une réduction mensuelle de 5 % de la production pétrolière jusqu'à évacuation des territoires occupés et reconnaissance des droits des Palestiniens.

Le 20 octobre, Fayçal décide un embargo total sur les livraisons destinées aux États-Unis, puis aux Pays-Bas, états alliés d'Israël. L’embargo lui-même sera levé 5 mois plus tard mais la sanction économique perdurera.

L'envol du prix du baril

Le prix du baril sur le marché libre passe alors de 3 à 18 dollars en quelques semaines. Entre le mois d'octobre 1973 et le mois de janvier 1974, le prix du baril du brut de référence quadruple, passant de 2,32 $ à 9 $.

Cette pénurie suscite la panique tandis que les prix poursuivent leur montée vertigineuse. Les pays consommateurs réagissent d'une manière désordonnée, cherchant chacun à tirer leur épingle du jeu. En France,une série de mesures d'économies d'énergie sont rapidement prises.

Dès le 30 novembre 1973, le Premier ministre Pierre Messmer s’adresse aux Français pour leur exposer les grandes lignes de la nouvelle politique énergétique axée sur les économies d’énergie. C'est notamment le début du plan de nucléaire civil, avec le lancement de la construction de 13 centrales à travers le pays qui permettront d'acquérir une large indépendance énergétique face au pétrole.

Dans ce plan, il y a aussi des mesures plus anecdotiques : l'arrêt des émissions de télé après 23h00, l'extinction des vitrines la nuit dans les magasins, ainsi que la limitation de la vitesse sur les autoroutes. Comment étaient-elles perçues par les Français ?

 

Pour aller plus loin 

L'OPEP a 50 ans (Article)

L'embargo sur le pétrole de 1974 (Article)

Le Journal parlé de France Inter du 23 décembre 1973. (Audio)

Le lancement du nucléaire civil en 1974 (Article)

Rédaction Ina le 20/12/2018 à 15:57. Dernière mise à jour le 21/12/2018 à 11:22.
Economie et société