Benjamin Griveaux a été victime de "revenge porn", une pratique consistant à diffuser un contenu sexuellement explicite sans l’autorisation de la personne concernée. En 2015, Amandine, victime de cette pratique, était interviewée à la télévision. 

C'est une pratique récente, née au Etats-Unis en 2009. Le "revenge porn" ou "vengeance pornographique" en français, l'ancien candidat à la mairie de Paris Benjamin Griveaux vient d'en être victime. Elle est condamnable en France depuis qu'une loi a été votée en 2016. Le diffuseur risque 2 ans de prison et 60 000 euros d'amende. Aux Etats-Unis, aucune loi n'existe mais certains Etats ont légiféré sur la question comme la Californie où une réglementation pénale existe depuis 2013.

En 2015, le journal du 20 heures de France 2 consacre un reportage à cette pratique. Dans cette archive, Amandine, une jeune femme, explique avoir été victime de revenge porn. Elle témoigne anonymement. C'est une des premières fois que la télévision française s’intéresse à ce phénomène. 

"On pourrait comparer le revenge porn à un viol."

Tout commence en 2014 après une rupture amoureuse. L'ex petit ami d'Amandine décide de divulguer sur internet une vidéo à caractère sexuelle filmée à l'insu de la jeune femme. Des contenus personnels se retrouvent sur la toile. C'est le début du cauchemar pour la jeune femme : "J'ai trouvé quelques photos de moi ainsi que mes coordonnées personnelles. La personne se faisait passer pour moi en disant que je recherchais des hommes sans lendemain. On pourrait le comparer un peu à un viol et on se sent trahie, salie. [...] Je me demandais vraiment ce qu'il se passait. J'ai vraiment pas compris. J'ai regardé à plusieurs reprises pour voir si c'était bien moi, si c'était pas un montage. Il y a de la colère, de la haine, de l'incompréhension à se demander pourquoi il fait ça." Les regards de ses collègues mais aussi de sa famille sont difficiles à supporter : "J'avais la peur au travail, d'avoir mes clients face à moi car je ne savais pas qui était au courant, connaissait la vérité." Son ex compagnon a été condamné à un an de prison avec sursis et 5000 euros de dommages et intérêts.

La loi pour une République Numérique (dite loi Lemaire) de 2016 condamne cette pratique. Cependant, seuls les faits postérieurs au 9 octobre 2016 sont concernés par la loi.

Rédaction Ina le 17/02/2020 à 15:31. Dernière mise à jour le 17/02/2020 à 15:42.
Economie et société