C'est la journée mondiale de lutte contre l'obésité. L'occasion de revenir sur l'adoption de la loi "Lurel", en 2013, qui visait à équilibrer les taux de sucre dans l'agroalimentaire entre la métropole et l'Outre-mer.

L'Outre-mer est régulièrement sous les projecteurs en ce qui concerne son fort taux d'obésité. Selon une information de nos confrères de France Info, reprenant « de nombreuses études réalisées entre 2003 et 2017, la surcharge pondérale est plus importante dans les Outre-mer que dans l’Hexagone. » L'une des raisons avancées pour expliquer ce phénomène est la différence du taux de sucre dans les produits agroalimentaires entre la métropole et l'Outre-mer. 

Une situation toujours dénoncée à l'heure actuelle alors qu'une loi, votée en 2013, devait mettre fin à cette situation. Un reportage diffusé le 27 mars 2013 présentait les faits : « Certains sodas ou yaourts contiennent en moyenne 50% de sucre en plus que ceux achetés en métropole. »

La députée de Guadeloupe Hélène Vainqueur Christophe souhaitait mettre fin à la réputation selon elle erronée d'une appétence particulière des Guadeloupéens pour le sucre : « Les industriels semblent dire que nous avons un goût et que nous avons envie de manger sucré, que nous mangeons plus sucré que dans l’Hexagone, mais moi je réfute cela en disant que c’est parce qu’on nous a conditionnés, qu’on nous a habitués à manger sucré depuis tout petits ».

Le commentaire du journaliste révélait des chiffres alarmants sur ce problème de santé publique : « Dans les régions ultra-marines, plus d’un adulte sur deux et un quart des enfants sont touchés par des problèmes de surpoids ou d’obésité. » 

Pour le docteur nutritionniste Marie-Antoinette Séjean, cette différence avec la métropole constituait un réelle « injustice sanitaire » : « L’obésité des enfants en métropole, c’est 3,5%. Et bien dans les territoires ultra-marins, c’est trois fois plus. Quand on en mange en quantité trop importante, cela finit par entraîner une espèce d’effet addictif, c’est-à-dire que plus on mange du sucre, plus on aura tendance à avoir envie d’en manger davantage. »

Une fois la loi promulguée, les industriels ont eu six mois pour écouler leurs stocks de produits. Mais il semble bien que sept ans après la promulgation de la loi, la question de l'excès de sucre dans certains produits industriels soit toujours d'actualité.

Selon France Info, « certains aliments ont encore une forte teneur en sucre ». La raison avancée par le rapport parlementaire tient au fait que certains produits, comme les yaourts par exemple, fabriqués localement, « peuvent incorporer autant de sucre que les industriels le souhaitent, car la loi est muette sur ce point ».

Rédaction Ina le 04/03/2020 à 14:47. Dernière mise à jour le 04/03/2020 à 15:26.
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