"Féminicide", ce terme n'existe toujours pas dans droit pénal français. En 2011, Jean-Michel Bouvier, le père d'une jeune femme assassinée au Argentine, appelait déjà à introduire cette notion dans la législation française.

Depuis plusieurs mois émerge une question récurrente : faut-il créer une infraction spécifique aux crimes genrés, liés aux femmes ? Cette question, Jean-Michel Bouvier la posait déjà en septembre 2011.

Quelques mois plus tôt, le 29 juillet 2011, les corps de Cassandre Bouvier, 29 ans, et de Houria Moumni, 24 ans, avaient été découverts sur un chemin de randonnée de la réserve naturelle de la Quebrada San Lorenzo, près de Salta, à 1600 km au nord-ouest de Buenos Aires. D'après les enquêteurs, les deux étudiantes françaises avaient été battues et violées avant d'être tuées par balle.

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Jean-Michel Bouvier, le père de Cassandre parlait ce drame au journal télévisé de France3 : "Cassandre était comme cela, elle aimait vraiment les gens." Ce crime atroce : "je l'ai ressenti comme un crime contre l'humanité, dans les cumuls d'agressions, les traces nombreuses de coups, d'agression. Tout le corps est martyrisé."

Jean-Michel Bouvier constatait alors que les Argentins appelaient ce type de crime le "féminicide" et souhaitait que cette notion soit introduite dans le droit français : "ce "féminicide" serait traité comme un crime contre l'humanité, même s'il ne vise qu'une ou deux personnes, parce qu'on les a niées. Ce n'est pas le fait de les inscrire dans le code pénal qui change les choses. Mais le juridique, c'est aussi des signaux qui portent."

Il souhaitait même interpeller les candidats à la présidentielle sur les pires violences faites aux femmes, avant d'affronter le procès des meurtriers de sa fille.

Le "féminicide" dans le droit français

Le terme "féminicide" est entré le Petit Robert en 2015, défini en ces termes : "l'homicide d'une femme, d'une jeune fille ou d'une enfant en raison de son sexe". Mais pas de trace de ce mot dans le droit français. Pourtant certains magistrats s'interrogent sur son introduction. Fin août 2019, "féminicide" a été employé par la procureure d'Auch, Charlotte Beluet après la mort d'un couple dans le Gers : "un probable "féminicide" suivi d'un suicide". Le droit pénal français ne reconnaît que l'homicide, dénomination large qui ignore la nature particulière des meurtres commis sur des femmes, tout comme les autres crimes : le parricide,  fratricide, l'infanticide ou le sororicide.

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Rédaction Ina le 17/09/2019 à 16:40. Dernière mise à jour le 17/09/2019 à 17:20.
Economie et société