Un immense iceberg de la taille de Paris s'est détaché de la banquise en Antarctique et commence à dériver. Un phénomène que les scientifiques anticipaient déjà au début des années 2000.

L'iceberg, qui s’est détaché vendredi 26 février du reste de la banquise, fait près de 1.270 kilomètres carré, soit un peu plus de la superficie de Paris. La glace s'est fracturée non loin d'une station de recherche britannique. Le 11 mars 2006, il y a 14 ans, une étude scientifique alertait déjà sur ce risque de fracture de la glace.

Une étude détaillée dans ce sujet du 20 heures le journal… "Et si l'Antarctique devenait un jour un immense puzzle de glace ?"

A l'époque cette situation n'était encore qu'une simulation. Mais une étude scientifique démontrait de manière certaine que la fonte des glaces dans l'Antarctique devenait bien une réalité et l'accélération du phénomène commençait à inquiéter la communauté scientifique. "L'eau s'écoule dans la glace, elle arrive à fracturer un bloc de glace grand comme un département français", précisait le commentaire.

Le glaciologue Jean Jouzel, directeur de l'Institut Pierre Simon Laplace (IPS) pointait du doigt l'impact de l'activité humaine sur l'effet de serre et sur ce phénomène de fonte.

Même préoccupation en Arctique. Une situation préoccupante car la zone contenait environ 70% des stocks d'eau douce mondiaux. On soupçonnait alors que le niveau de fonte des glaces avait quasiment doublé en cinq ans.

Lee Cooper, climatologue de l'université du Tennessee aux Etats-Unis évoquait le même phénomène au Pôle Nord où a fonte des glaces mettait déjà en péril la faune locale, obligée de se déplacer de plus en plus loin pour trouver une banquise où se reposer. "Les ours polaires sont une espèce aquatique mais ils ne peuvent pas nager près de 300 km, c'est justement ce qui correspond au retrait de la glace sur la côte nord de l'Alaska."

A l'heure actuelle, les scientifiques ne savent pas encore si l'énorme masse de glace restera sur zone ou dérivera dans l'océan. Les semaines à venir apporteront la réponse mais aucune victime n'est à déplorer puisque les 12 personnes qui travaillaient jusqu'ici dans la station Halley VI, située à moins de 20 kilomètres de la zone de rupture ont été évacués à titre préventif en février.

Rédaction Ina le 01/03/2021 à 09:57. Dernière mise à jour le 01/03/2021 à 10:25.
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