Le mouvement de contestation contre Alexandre Loukachenko a fait à nouveau descendre des milliers de personnes dans les rues biélorusses, ce dimanche. Retour en 2006, lorsque le JT de France 2 qualifiait la Biélorussie de « dernière dictature d'Europe ».

A l'occasion de l'élection présidentielle de 2006, un reportage de France 2 dresse le portrait d’Alexandre Loukachenko, au pouvoir en Biélorussie depuis 1994. « Omniprésent à la télévision, que ce soit en hockeyeur, en latin lover, ou en mineur de fond », Alexandre Loukachenko règne en maître dans ce pays de 9 millions d'habitants.

Alors candidat à sa réélection, l'homme fort du pays « cultive son image de petit père du peuple prévisible ». Au fond d'une mine, coiffé d'un casque, le président-candidat déclare ainsi aux caméras de télévision : « Vous savez, les gens du peuple, ils se disent, ce Loukachenko, bon ben on en a un peu marre, mais avec lui ça marche, et au moins, on le connaît ! » 

Né de la dissolution de l'URSS en 1991, la Biélorussie semble cependant être restée à l'heure soviétique : « C'est un peu comme si ici l'URSS n'avait jamais cessé d'existe », explique le reportage. Et de citer des statistiques économiques qui illustrent le fossé entre les économies libérales modernes et la Biélorussie : « 80% de l'économie sous contrôle étatique, pas de ces privatisations sauvages qui ailleurs [une référence directe à la Russie] ont enrichi quelques uns pour dépouiller beaucoup d'autres, des salaires certes bas selon nos standards mais réguliers et plutôt en hausse ». Interviewée sur son lieu de travail, une ouvrière témoigne favorablement : « En Biélorussie, on s'occupe beaucoup de nous, et ça me plaît. C'est la sécurité et la stabilité ». 

La sécurité en tout cas semble omniprésente. Selon le reportage de France 2, le pays vit en effet sous le joug d'un « état policier comme on en fait plus en Europe ». En font les frais tous ceux qui tentent de se soustraire à la ligne officielle dictée par le président Loukachenko, comme ce journal indépendant, La volonté du peuple, interdit selon son directeur « d'imprimerie, de kiosque et de système de distribution. » 

Même le monde culturel est affecté par la mainmise du pouvoir. Les représentations théâtrales indépendantes se font le plus souvent clandestinement. Un metteur en scène liste ainsi les thèmes interdits de représentation : « la violence, la politique, l'homosexualité, le suicide... »

Au soir du 19 mars 2006, Alexandre Loukachenko est réélu sans surprises avec 82,60% des voix. Un reportage diffusé le lendemain sur France 2 fait état de manifestations de l'opposition sur la place centrale de Minsk : « Une mobilisation étonnante dans le climat de la Biélorussie d'aujourd'hui. Car ces manifestations sont interdites. Depuis des jours déjà les autorités menaçaient de poursuites tous ceux qui s'y rendraient. »

Les observateurs de l'OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) jugeaient quant à eux l'élection comme « non démocratique, avec une campagne électorale inégale et émaillée d'arrestations. » 

Rédaction Ina le 13/08/2020 à 16:40. Dernière mise à jour le 24/08/2020 à 10:21.
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