Le 8 mai 2002, à Karachi, au Pakistan, un attentat frappe un autocar transportant 23 employés français de la Direction des constructions navales, causant la mort de 14 personnes, dont 11 Français. La thèse du terrorisme islamiste est immédiatement avancée mais sept ans après les faits la justice française décide de réorienter l’enquête : l’attentat de Karachi devient alors une véritable affaire d’Etat.

Ce lundi 7 octobre, le procès qui s'ouvre à Paris va juger six hommes, soupçonnés de commissions occultes, utilisées pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, en 1995.

C'est en 1994 que le gouvernement Balladur vend la construction de trois sous-marins au Pakistan. Au coeur de ce contrat spectaculaire, des commissions sont prévues pour rémunérer des intermédiaires pakistanais. La justice suspecte qu'une partie de ces sommes d'argents aient été renvoyées en France sous forme de "rétrocommissions", alors déjà interdites par le droit international. Des rétrocommissions qui auraient été prévues pour le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur.

Ce dernier, en concurrence avec Jacques Chirac au sein de la droite française, ne bénéficiait pas du soutien financier et logistique que le RPR fournissait au maire de Paris.

Lorsque Jacques Chirac accède à la présidence de la République, il décide de la suppression des versements des commissions, légales jusqu'en 2000, à destination du Pakistan, en raison de soupçons de ces rétrocommissions.

C'est l'arrêt du versement de l'argent français vers le Pakistan qui aurait entraîné des représailles pakistanaises, en commettant l'attentat de Karachi contre des intérêts français.

Rédaction Ina le 07/05/2012 à 10:08. Dernière mise à jour le 07/10/2019 à 14:10.
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