Un livre paru ce jeudi accuse la mystique Marthe Robin d’avoir menti. Surnommée "la stigmatisée de la Drôme", chaque vendredi pendant 50 ans, elle aurait porté des stigmates du Christ. Décédée en 1981, cette figure emblématique religieuse intrigue toujours. Portrait.

Le livre paru ce jeudi jette un doute sur la véracité des phénomènes christiques qu'aurait subi Marthe Robin jusqu'à sa mort. C’est en tout cas l’affirmation d’un religieux carme, Conrad De Meester, spécialiste reconnu des grandes mystiques catholiques, décédé en décembre 2019 et auteur du livre La Fraude mystique de Marthe Robin, édité par les Éditions du Cerf.

L'affaire est sérieuse car la mystique française, a été déclarée "vénérable" par le pape François le 7 novembre 2014. Ce qui signifie qu'elle est en voie de béatification.

Le 24 avril 1993, le magazine Samedi chez vous de FR3 Lyon consacrait un reportage à Marthe Robin, cette figure emblématique de la région qui attirait toujours des pèlerins dans le petit village de Châteauneuf-de-Galaure dans la Drôme.

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Paralysée depuis son plus jeune âge, en 1918, la croyante portait les stigmates du Christ. Durant 50 ans, de 1930 à sa mort, ne quittant jamais sa chambre et recluse dans le noir, la stigmatisée revivait les souffrances du Christ chaque vendredi jusqu'au dimanche.  Après avoir dressé son portrait en images, le reportage présente le père Michon, responsable de l'un des foyers fondés par Marthe Robin. Il rappelle qu'avant d'accorder la béatification, l'Eglise devra mener une enquête approfondie et explique en quoi cette étude va consister.

"Il faut prendre le temps de regarder les fruits, d’interroger les témoins... chacun est libre de croire ou de ne pas croire".

Plus loin, Reine-Marie Clot, ancienne élève d'un foyer de Marthe Robin, apporte elle aussi, son témoignage.

"Elle avait beaucoup de bon sens [...] je ne pense pas que ce soit une supercherie".

En plateau, Joël Gaillard, son arrière-petit-neveu, "c'était quelqu'un de simple, très proche de nous..." et Catherine Janselme, une "inconditionnelle de Marthe Robin" livrent leurs souvenirs. Tous sont persuadés de la véracité du phénomène.

Aujourd'hui encore, la thèse de la mystification est vigoureusement contestée, depuis l’annonce de la publication, par la famille de Marthe Robin, par ses Foyers de Charité et, de manière officieuse mais formelle, par le Vatican.

Pour aller plus loin

Antenne 2 Midi : les obsèques exceptionnelles de Marthe Robin, stigmatisée de Châteauneuf-de-Galaure. L'enterrement a été suivi par 8 000 pèlerins et la messe réalisée en présence d'une centaine de prêtres. (13 février 1981) 

Apostrophes : Jean Guitton sur la vie de Marthe Robin. Le philosophe et académicien, auteur de Portrait de Marthe Robin, décrit la vie de cette figure mystique qu'il a connue en lui rendant visite une fois par an. Paralytique, elle portait les stigmates du Christ et saignait tous les vendredis. Selon lui, le calvaire physique qu'elle endura : vivre tous les vendredis la passion du Christ, ne pas s'alimenter (elle ne mangeait que deux hosties par semaine), peu dormir, fait d'elle un personnage exceptionnel. Cet état physique extrême a généré selon lui ses éclats de génie, son extase. Il rappelle également qu'elle a fondé depuis son lit, 70 foyers, "pour faire cesser l'enfer de la misère". Bernard Pivot, dubitatif quant à la capacité de cette femme à ne pas s'alimenter, demande au philosophe de développer cet argument. Il présente enfin un portrait de cette femme, peint par le philosophe. Robin (1er novembre 1985)

Couleur pays-Côté docs : la vie de Marthe Robin. Rappel de la vie de Marthe Robin, paralytique qui aurait porté les stigmates du Christ et revivait tous les vendredis la passion. Interview du père Bernard Peyrous, postulateur de la cause de béatification de Marthe Robin. (31 octobre 2009)

Rédaction Ina le 09/10/2020 à 16:10. Dernière mise à jour le 09/10/2020 à 16:24.
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