En 1991, "Danse avec les loups", le film réalisé par Kevin Costner, remporte 7 Oscars. Il retrace le parcours d'un militaire nordiste qui va peu à peu s'intégrer à la société des Sioux. En février 1991, le magazine "Giga" diffusait un reportage réalisé au cours du tournage au Québec, en 1990.

Danse avec les loups (Dances with Wolves) est l'adaptation du roman du éponyme écrit en 1988 par Michael Blake. Un pari fou gagné par Kevin Costner à la fois réalisateur, producteur et acteur principal de ce long métrage. Il a été réalisé malgré le scepticisme d'Hollywood qui doutait de l'intérêt de tourner un western, genre tombé en désuétude, et de surcroît situé à une époque sombre de l'histoire américaine… la Guerre de Sécession.

Danse avec les Loups relate l'aventure d'un officier nordiste, John J. Dunbar, qui va peu à peu abandonner sa vie de militaire dans un avant-poste de l’Ouest sauvage pour rejoindre les Indiens. Seul dans un fort isolé, l'officier va lier une étrange amitié avec un loup, puis avec des Sioux, au point de devenir l'un des leurs, sous le nom de "Danse avec les Loups" et de rencontrer l'amour... Alors qu'il découvre leur culture, il s'apercevra que l'homme civilisé n'est pas toujours celui que l'on croit…

Une fascination que partage Kevin Costner avec son personnage, "je ne peux pas passer à côté d'une antiquité, d'une photo en noir et blanc sans me poser des questions, sans m'interroger sur cet épisode de notre histoire".

Michael Blake, auteur du roman et scénariste, raconte à son tour comment est né ce projet fou, "j'ai dit à Kevin : tu ne penses pas qu'on en ferait un bon scénario ? Il m'a dit : Michael, n'en fait pas un scénario, fais-en carrément un livre !"

Chaque détail du film a été méticuleusement préparé. Sur le tournage, les costumières expliquent que leurs vêtements sont les répliques exactes des tenues d'origine, "ce sont les mêmes ornements, les mêmes costumes en daim".

"On était plus de 20 à galoper au milieu de cette horde lancée à pleine vitesse"

L'une des scènes culte du film est la chasse aux bisons. Une scène tournée avec un vrai troupeau et dont Kevin Costner a réalisé les cascades.

Jim Wilson, l'un des producteurs explique qu'ils ont tourné la scène avec 3300 bisons. Nous avions un hélicoptère, 10 camions et 24 Indiens qui chevauchaient aux côtés du troupeau, et Kevin Costner lui-même.

Une scène non exempte de danger, ce que confirme l'acteur. Il raconte ici un moment critique de la scène pour lui et son cheval, "on était plus de 20 à galoper au milieu de cette horde lancée à pleine vitesse. L'un des chevaux est devenu incontrôlable, il a percuté le mien et m'a fait chuter. Je me suis levé et mon assistant m'a amené ma doublure cheval. Je lui ai dit barre-toi ! Récupère l'autre cheval, je suis parti aussi sec et on a eu une très bonne scène".

"Toute la palette du comportements humains était représentée dans ce peuple"

"Le film raconte l'histoire attachante de ce peuple qui fut fier et de cette amitié unique qu'il a eu à l'égard de l'homme blanc", ajoute le commentaire.

Dans son livre, puis son scénario, Michael Blake s'est attaché à décrire ce peuple très attachant : "toute la palette des comportements humains était représentée dans ce peuple. Ce n'était pas un groupe de sauvages qui rôdaient dans l'Ouest ! Ils étaient conviviaux, plutôt pitres, de véritables boutes-en-train. Ils étaient fascinants, le genre de civilisation qu'on aimerait côtoyer."

Kevin Coster décrit ce qu'il a voulu instiller dans le long-métrage, "je n'ai pas voulu prendre la responsabilité de remettre les choses à leur place par rapport à l'histoire pour faire le film de référence. C'était simplement ma manière de voir les choses. Je me voyais mal, en revanche, faire un film sur les Indiens sans faire appel à de vrais indiens".

D'ailleurs Doris Leader Charge, de la réserve de Rosebud était interprète et consultante sur le film pour ce qui était des coutumes indiennes. "Tous les personnages principaux ont pris des cours de dialecte lakota et tous les dialogues étaient traduits en lakota pour que les acteurs puisse l'apprendre", confirme-t-elle volontiers.

"C'est toujours une occasion exceptionnelle de pouvoir découvrir une civilisation aussi pleine d'amour et de spiritualité"

Plus tard, Rodney Grant qui interprète le Sioux prénommé "Cheveux au vent" évoque l'évolution intérieure de Dunbar, d'abord effrayé par les Indiens, il va découvrir à leur contact que toutes les idées préconçues sur eux étaient fausses, "à savoir, que ce sont tous des sauvages. Ce qui n'est pas vrai, les Indiens ne viennent pas tous avec un tomahawk pour te scalper…".

Kevin Costner évoque à son tour le caractère particulier de son personnage, "il aurait dû être tué… Dunbar a une aura et ça lui a sauvé la vie. Dunbar ne devient pas le chef des Indiens, il devient simplement l'un d'eux et rien d'autre".

Mary Mc Donnell joue "Poing levé", une blanche qui a été élevée par les Sioux et que va épouser Dunbar, elle avoue avoir été touchée par son rôle et regrette la disparition de cette culture, "ce qui est triste, c'est de réaliser que j'ai moins entendu parler la langue indienne que quasiment n'importe quelle autre langue sur cette planète. C'est toujours une occasion exceptionnelle de pouvoir découvrir une civilisation aussi pleine d'amour et de spiritualité. C'est le genre de sensation difficile à exprimer".

Floyd Westerman qui joue le chef "Dix Ours" ajoute, "Il faut se souvenir que dans 99% des cas, les relations entre les Indiens et les Blancs étaient plutôt violentes et le lieutenant Dunbar, lui, tente de les comprendre".

Kevin Costner aborde pour conclure la complexité d'un tel tournage, "on se prend la tête la nuit pour savoir où on va placer la caméra, le premier jour pour le premier plan, mais une fois que c'est en boite, on se demande comment on va procéder pour le deuxième". Pour conclure l'acteur-réalisateur confie, "je suis un romantique vous savez et je crois qu'une bonne histoire est hors du temps. J'ai pris une joie immense à lire cette histoire, qui pour sa plus grande partie a été écrite chez moi. Il y a une telle imagination que je l'ai clairement imagée dans le film".

Le film a reçu sept Oscars (Meilleur réalisateur, meilleur montage, meilleure musique du film, meilleure photographie, meilleur son et meilleur scénario adapté…), trois Golden Globes et l'Ours d'argent pour une réalisation exceptionnelle au Festival International du film de Berlin de 1991. Rien qu'en France, il a réalisé 7 280 124 entrées.

Florence Dartois

Rédaction Ina le 04/02/2021 à 18:51. Dernière mise à jour le 04/02/2021 à 20:03.
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