Montée des eaux, canicules océaniques, fonte des glaciers. Le rapport du GIEC est inquiétant. C'est le même refrain depuis bien longtemps. Dans les années 90, des scientifiques tiraient déjà la sonnette d'alarme.

« A ce rythme, dans 50 ans, il n’y aura plus de forêts. ». L'avertissement vient du botaniste Jean-Marie Pelt, interviewé dans le journal de 13 heures de La Cinq en 1990. 29 ans après, la leçon ne semble pas avoir été apprise. Alors que les catastrophes climatiques sont de plus en plus courantes, l'ONU vient de publier un rapport inquiétant. Selon ce rapport, les années 2015 à 2019 devraient être les plus chaudes jamais enregistrées. « Le fossé n’a jamais été aussi grand » entre ce que le monde veut accomplir et la réalité des plans climatiques des pays, prévient ce rapport. Autre point inquiétant, l'eau de la mer pourrait aussi monter à 1,10 mètre à la fin du siècle si rien n'est fait.

Ce cri d'alarme n'est pas nouveau. Dans le même sujet diffusé en 1990, le journaliste Alain Cirou donnait clairement le ton : « A la psychose de l’holocauste nucléaire des années 80, succède l’empoisonnement de la planète. L’eau, la terre, l’air sont contaminés par l’activité industrielle. Une menace qui n’a rien de mythique. » De son côté, Jean-Marie Pelt ne cachait pas son inquiétude quant à l’impact de l’être humain sur la nature : « On sait que le soleil s’éteindra dans 4,5 milliards d’années. Même dans 3,5 milliards d’années, on ne pourra plus survivre. […] Mais elle peut s’arrêter beaucoup plus tôt si nous faisons beaucoup de bêtises. [...] Le degré de la menace est sérieuse puisqu’en 50 ans, on a détruit la moitié des grandes forêts du monde. A ce rythme, dans 50 ans, il n’y aura plus de forêts. On a par conséquent détruit la couverture végétale de la planète et sans plante, il n’y a pas d’homme, ça tout le monde le sait. Il y a la menace chimique aussi, la menace radioactive… Collectivement, ça fait un ensemble de menaces lié au développement de la société industrielle qui sont telles qu’il faut changer la société industrielle. » 

Nicolas Skrotzky, écrivain scientifique, était quant à lui beaucoup plus catégorique : « Je pense que la fin du monde, elle viendra par l’homme lui-même. »

Quatre jours après les manifestations de jeunes dans le monde, une soixantaine de dirigeants du monde entier était attendue ce lundi à New York.

Jérémie Gapin

Rédaction Ina le 23/09/2019 à 17:01. Dernière mise à jour le 25/09/2019 à 14:32.
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