La commission d’enquête du Sénat a rendu ce jeudi son rapport sur l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen en septembre 2019. Ce n'est pas la première fois qu'un incident se produisait dans cette usine. Déjà, en 1989 et 2013, des émissions de gaz s'étaient échappées des cuves.

"Une augmentation anormale de la température sur une unité de fabrication a entraîné une émission de 1 à 5 kilos d'un gaz : le mercaptan. Dès 16 heures, une odeur tenace d’œuf pourri s'est répandue sur toute la rive gauche." Ce sont par ces mots que le journaliste Marc Saikali lançait son reportage diffusé dans le journal de France Régions 3 Rouen du 24 août 1989. 30 ans plus tard, c'est un nouvel incident qui vient de toucher l'usine Lubrizol de Rouen, classée Seveso. 

En 1989, Gérard Prieur, directeur général adjoint de l'usine Lubrizol tentait tant bien que mal de rassurer la population : "Les émissions de mercaptan ne sont pas dangereuses. Ce n'est pas un produit toxique. Par contre c'est un produit très malodorant". Un avis partagé par le docteur Michel Decreau, directeur médical adjoint du SAMU : "Pour l'incident qui s'est produit cette nuit, le risque était tout à fait mineur puisqu'il s'agissait d'un largage d'un produit qui s'est rapidement dilué dans l'atmosphère. Il ne présente absolument aucun inconvénient puisque la concentration était extrêmement faible". Ce n'était pourtant pas la première fois qu'un tel incident se produisait au sein de cette usine. 15 ans auparavant, une fuite beaucoup plus important de mercaptan avait provoqué des évacuations de population.

En 2013, rebelote. Les habitants se réveillent avec un odeur de déjà-vu. "Ça sentait le gaz", "Ça me faisait penser au soufre", "On avait l'impression que ça sentait le fioul". De Rouen à Paris, le constat est le même. Une odeur étrange plane dans l'air. Très vite alertés, les pompiers se retrouvent assaillis de coups de fil. En cause, cette même usine Lubrizol de Rouen qui fabrique des lubrifiants pour automobiles. Le mercaptan, le même gaz qui s'était échappé en 1989, s'est répandu à nouveau dans l'air depuis une cuve à ciel ouvert. "Le seul problème, c'est quand ce genre de produit est trop chauffé, il commence à se décomposer en générant des gaz malodorants" expliquait Pierre-Jean Payrouse, directeur des opérations internes Lubrizol-France. Un gaz qui ne présenterait aucun danger selon Florence Gouache, directrice du cabinet du préfet de Seine-Maritime : "Pas d'affolement. En tout cas, les odeurs de gaz ressenties dans l'atmosphère ne sont pas toxiques."

Suite au feu qui s'est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi dans l'usine, les habitants étaient invités à suivre des consignes précises sur le nettoyage des suies. Des pompiers étaient aussi restés sur place pendant plusieurs jours pour éviter toute reprise de feu.

Rédaction Ina le 27/09/2019 à 14:28. Dernière mise à jour le 04/06/2020 à 10:19.
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