France 3 diffuse ce lundi soir Les fugitifs, de Francis Veber. Le film, sorti en 1986, reprend la recette qui avait fait le succès de ses précédents films, La chèvre (1981) et Les Compères (1983) : le duo composé de Pierre Richard et de Gérard Depardieu. En décembre 1986, ce dernier était l'invité du JT de Bernard Rapp.

Le troisième volet des aventures du couple Depardieu/Richard reprend la même opposition humoristique entre un Pierre Richard gaffeur et maladroit et un Gérard Depardieu fort et sûr de lui, mais sur un ton plus dramatique et social.

Les fugitifs raconte en effet l'histoire de Lucas (Gérard Depardieu), un ancien braqueur de banques qui vient de sortir de cinq ans de prison et décide de se ranger pour mener une vie honnête. Le jour où il vient ouvrir un compte en banque, l'établissement est braqué par François Pignon (Pierre Richard), drôle de gangster, visiblement peu habitué à l'exercice et très peu sûr de lui. Le hold-up se transforme en fiasco, l'établissement est vite cerné par la police du commissaire Duroc (Maurice Barnier), qui connaît bien Lucas. La surprise est donc totale quand la police voit sortir de la banque Lucas tenu en otage par François Pignon ! Commence alors pour les deux hommes la cavale qui fera naître une relation spéciale entre eux, notamment au contact de Jeanne, la petite fille mutique de François Pignon.

Invité le 12 décembre 1986 sur le plateau du 20h d'Antenne 2 par Bernard Rapp, Gérard Depardieu évoquait le film, en commençant par situer cette troisième comédie par rapport à La chèvre et aux Compères :

« Avec Francis Veber, on est toujours dans une double lecture, avec Pierre Richard aussi. On a fait quand même trois films ensemble. La chèvre où j'étais vraiment un enfant. Les compères où on a essayé d'être adulte un peu ensemble ».

Gérard Depardieu insiste ensuite sur la richesse des comédies sociales, celles qui décrivent avec humour une réalité souvent noire : « Pour moi, les vraies comédies sont celles qui tournent vers le tragique. Chaplin, par exemple. Quand il a fait Les lumières de la ville, c'était magnifique. Pourquoi? Parce qu'on a affaire à une quotidienneté comme ça, qui nous qui nous emporte dans une belle émotion. »

Concernant la répartition des rôles dans l'écriture et la réalisation de ces trois comédies, Gérard Depardieu laisse tout le mérite à Francis Veber : 

« On se connaît tellement bien qu'il vaut mieux que Francis travaille seul. Il est tellement plus fort. D'abord, c'est un grand auteur. On a toujours peur de dire que les auteurs de comédies sont des auteurs. On a toujours peur de notre rire à nous. C'est dommage. J'aime tellement rire ».

Bernard Rapp s'intéresse ensuite à la carrière personnelle de Gérard Depardieu, rappelant que l'acteur français est une star à l'international, et notamment aux Etats-Unis, où le New York Times l'a classé parmi les trois plus grands acteurs au monde. Ce dernier exprime sa satisfaction et rappelle la grande forme du cinéma français :  

« Ça fait du bien d'entendre ça. Ça réchauffe terriblement. En France, on a un potentiel inouï. Vous savez, quand j'étais aux États-Unis, il n'y a pas longtemps, au Festival de New York, par exemple, il y a eu six films français. C'est absolument ahurissant de voir six films français comme ça qui sont dispatchés aux Etats-Unis. »

Rédaction Ina le 09/07/2020 à 16:05. Dernière mise à jour le 09/07/2020 à 16:09.
Art et Culture