Le 12 février 1985, le quotidien Libération publie un numéro spécial intitulé "Torturés par Le Pen". Cinq témoignages l'accusent d'avoir pratiqué la torture lorsqu'il était volontaire au sein du 1er régiment étranger de parachutistes lors de la guerre d'Algérie. Le jour même, il dénonce cette accusation au journal télévisé de France 3 et parle de complot : "Cinq témoignages qui émanent d'agents étrangers du FLN, terroristes et tueurs les uns et les autres."

Jean Poperen, le secrétaire national du Parti Socialiste, en prend également pour son grade : "C'est un complot du gouvernement dont Monsieur Poperen a revendiqué la responsabilité. Il a annoncé hier lors d'une émission (L'heure de vérité) que le Parti socialiste engageait la guerre contre le Front National."

Mais Jean-Marie Le Pen ne nie pas totalement. Il tente même de s'en sortir maladroitement lorsque le journaliste lui demande si c'est faux : "Mais bien sûr. Enfin, c'est faux...c'est un mélange habile".  Et Jean-Marie Le Pen de rajouter : "Ce n'est pas à moi de prouver que je n'ai jamais torturé."

Plus tard, il portera plainte à plusieurs occasions : contre Libération en 1986, Le Canard Enchaîné en 1989 ainsi que le réalisateur René Vautier la même année.

Mais 33 ans plus tard, à l'occasion de la parution de ses Mémoires, l'ancien président du FN minimise la question de la torture : "Alors oui, l'armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d'Alger, mais les moyens qu'elle y employa furent les moins violents possibles". La France y a bien participé mais il se dédouane totalement de ces actes : "Ni moi, ni mes camarades n'étions nullement chargés des interrogatoires spéciaux. [...] C'est du bidon, évidemment du bidon, qui ne résiste pas à la plus rapide des analyses."

Rédaction Ina le 21/02/2018 à 15:19. Dernière mise à jour le 28/02/2018 à 09:54.
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