Depuis mercredi, l'armée se porte au secours de Mulhouse. Une première alors que les unités de réanimation des hôpitaux sont déjà "saturées". Civils et militaires ont déjà été amenés à unir leur force, mais c'était lors de grandes manœuvres destinées aux réservistes.

Par le passé, avant la fin du service militaire, l'armée organisait régulièrement des manoeuvres entre les services médicaux civils et militaires. En effet, en temps de guerre, 80% des besoins médicaux devaient être couverts par les réservistes.

Cette réserve militaire est constituée de citoyens formés comme militairement pour renforcer les forces armées actives sur le territoire national ou en opérations extérieures. Ce sont des militaires à temps partiel. Ce peut être en temps de paix ou en renfort dans une situation de conflit ou de crise grave.

En 1983, 123 réservistes, officiers, sous-officiers réservistes avaient répondu à l'appel de l'armée pour la mise en place du 854e hôpital chirurgical d'évacuation, avec 47 médecins d'active, organisées à Saint Yan en Saône-et-Loire.

Le Général Gayet, directeur des services de santé 1er corps d'armée, expliquait alors l'utilité ces manœuvres organisées régulièrement à l'époque pour permettre aux réservistes de rester opérationnels en cas de conflits ou de catastrophes naturelles, il précisait : "Les personnels de réserves se trouvent dans les hôpitaux, les cliniques civiles et doivent se familiariser avec les matériels spéciaux, plus légers, plus robustes mis à leur disposition pour le temps de guerre. Il est bon que pour se préparer à cette éventualité, qui je l'espère, ne surviendra jamais. Ils connaissent ainsi parfaitement le matériel qui sera mis à leur disposition."

En cas de conflit, de catastrophes naturelles, cet officier ne pensait en aucun cas à l'éventualité d'une pandémie sur le territoire français. Cet hôpital de campagne devait permettre d'assurer le traitement primaire des blessés de première urgence mais aussi ceux relevant des spécialités chirurgicales, neurologiques et chirurgies diverses. Il était aussi équipé d'un matériel de radio à développement automatique de clichés. "L'équipement des salles d'opération est en tous les cas remarquable" précisait le journaliste visiblement impressionné.

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Ce que confirmait le capitaine Campez, chirurgien à l'hôpital Necker et réserviste : "Nous chirurgiens civils, nous avons été agréablement surpris par la qualité des matériels militaires découverts (…) et nous avons des instruments non seulement extrêmement fiables mais extrêmement perfectionnés, qui nous permettent de réaliser de la chirurgie de mouvement en temps de guerre ou de grande catastrophe. C’est-à-dire une chirurgie rapide, dans les meilleures conditions possibles."

Ces derniers jours, la situation à Mulhouse et sa région est insoutenable. Les soignants sont débordés par l'afflux de patients atteints par le coronavirus. Cette situation inédite justifie l'utilisation des moyens militaires en soutien aux hôpitaux civils, des moyens militaires promis par le Président de la République lors de son discours du 16 mars au soir. Ce mercredi 18 mars, un avion de l'armée s'est chargé de transporter des malades de l'hôpital de Mulhouse vers l'hôpital militaire de Toulon.

Rédaction Ina le 18/03/2020 à 15:47. Dernière mise à jour le 18/03/2020 à 15:57.
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