Annulée l'an passé la marche pour les fiertés LGBT+ se déroule ce samedi. L'occasion de mettre en avant l'homosexualité féminine, peu évoquée par les médias. A la télévision, l'un des premiers témoignages à visage découvert date de 1982.

La marche débute cette année de Pantin pour s'achever à République.

Aujourd'hui encore être lesbienne et l'avouer ouvertement est une préoccupation pour de nombreuses femmes. Selon l'association Inter LGBT, "seules 37% des lesbiennes sont « out » au travail, contre plus de la moitié des gays, selon un rapport du BCG publié en octobre 2020. Que met-on en œuvre aujourd’hui pour que les femmes à la croisée des multiples discriminations ne soient pas exclues de l’emploi ?". 

Autant dire qu'avouer son homosexualité à la tété reste du domaine de l'impossible. Cet acte courageux, ce "coming out" a été réalisé par plusieurs femmes dans l’émission "La vie à vif", le 2 février 1982. Dans leur documentaire, Jeanne Labrune et Marianne Gosset laissaient la paroles à ces femmes de l'ombre, oubliées de la société. Avant l'extrait que nous vous proposons de découvrir, les auteures définissaient ainsi ce film : "Un voyage intérieur... Une réflexion sur l'homosexualité menée par une homosexuelle qui s'interroge sur elle-même, questionne les autres à partir de ses propres doutes, de ses propres curiosités."

Parmi les témoignages recueillis, celui d'une femme au teint buriné que la documentariste appelle elle-même, avec son accord, "la vieille dame". Elle s'appelle Rolande Aurivel et a accepté de jouer pour ce documentaire le rôle de "la vieille lesbienne". Etre lesbienne, c'est pour elle une évidence : "Eh bien, parce que dans ma vie, j'ai été entièrement et absolument lesbienne". Ce terme de "vieille lesbienne", elle l'assume. "J'ai trois quarts de siècle sur les épaules. Mon inclinaison pour les femmes, se place à peu près à l'âge de 14 ou 15 ans", dit-elle.

Ni doutes ou états d'âme

Puis Rolande Aurivel raconte avec émotion, la rencontre de sa vie : "La mort seule nous a séparées. Il est évident que je subsiste. Je subsiste sans elle. Ce qui a été, vous vous en doutez, excessivement dur". Cette femme aimée vivait pas sa vie de lesbienne en toute sérénité et essayait de la cacher, de "s'en évader". Mais pour Rolande Aurivel, il n'y eut jamais de doutes ou d'états d'âme, pas même à l'adolescence. Après avoir raconté avec humour ses premières amours juvéniles, elle avouera : "Je n'ai eu aucun mal à y renoncer. Le problème ne s'est pas posé pour moi".

Le site Inter LGBT ajoute que les lesbiennes, comme les autres femmes, sont elles aussi victimes de violences conjugales (25 à 40,4 % des femmes en couple homosexuel auraient déjà̀ subi des violences conjugales) et qu'il est "urgent d’inclure ces représentations dans les campagnes de prévention contre les violences pour que les victimes puissent se penser, se dire, et surtout oser porter plainte".

Florence Dartois

Pour aller plus loin avec d'autres extraits de "La vie à vif" : 

Etre homosexuelle est-ce un choix ?

A la recherche du "même" que soi.

A propos des boîtes homosexuelles. "On s'y sent bien".

La réaction des couples hétérosexuels face aux couples lesbiens.

Rédaction Ina le 26/04/2021 à 12:44. Dernière mise à jour le 25/06/2021 à 12:24.
Economie et société