Le 21 mai 2000, Barbara Cartland écrivait la dernière ligne du roman de sa vie en rendant son dernier souffle, à l'âge de 98 ans. Cette Britannique, anoblie par la reine, grand-mère par alliance de Lady Di écrivait jusqu'à 23 romans par an, soit deux par mois ! Nous lui devons les romans "à l'eau de rose".

26 juillet 1981, à la veille du mariage princier de sa petite-fille avec le prince Charles, l'écrivaine de 80 ans accueillait la télévision française dans son château. Pour celle qui inventa "la recette" du livre romantique et du concept de roman rose, la fiction dépassait la réalité. Car son credo, celui décliné dans chacun de ses ouvrages, c'est une jeune héroïne, vierge de préférence qui rencontre un beau mâle, macho… et fortuné bien-sûr.

"Je pense que toutes les femmes, et surtout vous les Françaises, peuvent régner à partir de la chambre à coucher..."

Cette grande romantique déclarait alors qu'elle écrivait "sur le grand amour que tout le monde cherche mais que si peu de personnes trouvent... et de préciser, je pense que toutes les femmes, et surtout vous les Françaises, peuvent régner à partir de la chambre à coucher. Si elles sont réellement intelligentes, elles laissent l'homme croire qu'il est le seul à décider… Les femmes ont toujours eu une grande place dans l'histoire du monde en restant une femme. Mais maintenant, voilà qu'elles se prennent pour des hommes. Mais qui veut un pseudo homme ?"

Ses personnages masculins sont un mélange d'hommes rencontrés. Elle précise cependant "je suis toujours à la recherche d'un beau brun ténébreux mais à notre époque, ils se font rare."

Une redoutable femme d'affaire

Robe rose fuchsia constellée de pierres précieuses étincelantes, permanente impeccable, toutou blanc sous le bras, l'octogénaire nous entraîne dans le bureau des secrétaires décoré de ses premières couvertures de romans. Dix secrétaires travaillent pour elle, dont quatre chez elle. A l'époque "ses livres ont été publiés à 200 millions d'exemplaires à travers le monde et traduits dans toutes les langues, excepté le chinois". En 1981, elle avait publié 24 romans pour cette seule année.

Auteure, mais également femme d'affaire, avec de nombreux objets dérivés à son effigie, allant du papier peint, en passant par le parfum ou le magazine. Elle possède aussi un magasin et un club de santé. C'est une fervente adepte des vitamines.

Un bourreau de travail

Devant sa collection de couvertures de romans, elle précise "bien-sûr, on sait qu'à la dernière page la vierge va épouser épouser le duc mais toute la toile de fond historique est véridique. Je lis trente à quarante livres d'histoire pour chaque roman". Trois heures par jour, la romancière dicte ses livres à sa secrétaire. 

Notoriété et nostalgie

A la veille du mariage de Diana, elle déplore : "ça n'a pas toujours été facile pour nous et ça commence à nous lasser. La presse s'est jetée sur nous. Nous serons contents quand tout sera terminé et quand enfin, nous serons à nouveau des gens comme tout le monde."

Pour conclure, Barbara Cartland se laisse à aller à la mélancolie : "Autrefois les hommes étaient adorables avec les femmes, ils vous faisaient la cour, vous envoyez des fleurs et des lettres d'amour, tout ça était merveilleusement romantique !"

Pour aller plus loin

En 1984, sur le plateau de Michel Drucker, l'auteure britannique revient sur sa carrière. Elle explique notamment pourquoi elle arbore toujours sa couleur préférée, le rose bonbon. Elle termine en fredonnant Un jour mon prince viendra... Un grand moment de télévision !

La littérature romantique est un véritable élixir de jouvence ! En 1990, devenue nonagénaire, Barbara Cartland possédait toujours une imagination débordante. Celle qui avait déjà vendu plus de 500 millions d'ouvrages ne comptait pas en rester là.

 

Rédaction Ina le 15/05/2020 à 16:12. Dernière mise à jour le 15/05/2020 à 16:19.
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